Mikael Owunna : “Exposer un autre aspect de la communauté LGBTQ”

Comment as-tu intégré le monde de la photographie ?

Un peu par hasard à vrai dire. J’ai fait des études en ingénierie biomédicale à Duke University en Caroline du Nord, donc rien à voir avec mon métier (rires). J’ai eu l’opportunité de passer un été à Oxford en Angleterre en 2009 grâce à ma bourse AB Duke pour un cursus d’études en Histoire. Je me suis dit que cela serait l’occasion de prendre des photos. Mon oncle, qui a fait de la photographie en tant qu’amateur pendant 30 ans, m’a conseillé d’acheter un appareil point and shoot très basique pour commencer. Cela m’a beaucoup plu, et en rentrant aux États-Unis, j’ai continué à prendre des photos pendant mes études supérieures. L’été suivant, je me suis rendu en Chine en tant que professeur bénévole avec un groupe de 10 camarades pour enseigner l’anglais aux Tibétains du pays. En parallèle, j’en ai profité pour réali-ser un projet  de photographie sur cette communauté.

C’est après ce deuxième été que tu as choisi de faire de ce loisir ton métier ?

Pas exactement. Quand j’ai obtenu mon diplôme d’ingénieur en 2012, j’ai reçu une bourse Fulbright pour aller à Taiwan pendant un an, et là encore, j’ai réalisé un projet photo qui traitait de la communauté autochtone taïwanaise. Ce projet fut exposé au Musée National de Taipei, ainsi que dans d’autres villes du pays. Là je me suis dit : “il y a quelque chose qui se passe ici !”. 

Tes expositions sont presque exclusivement au sujet de questions identitaires. D’où te vient cette passion pour ces sujets ?

Il y avait une exposition de Zanele Muholi en automne 2013 à Pittburgh qui m’a bluffé. Elle s’intitulait “Fa-ces and Faces” et elle présentait de la communauté lesbienne noire en Afrique du Sud. Étant moi-même queer et d’origine africaine (Nigéria), cela m’a inspiré pour faire des documentaires photos sur les queers africain.e.s dans la diaspora.

Peux-tu nous parler du projet que tu vas exposer ici à Middlebury, Limit(less) ?

Bien sûr ! C’est un projet sur lequel je travaille depuis bientôt 5 ans. L’exposition affiche des immigrant.e.s aficain.e.s LGBTQ en Amérique du Nord et en Europe. Limit(less), c’est l’idée que dans le monde, nous avons des limi-tes structurelles de races, de genres, de sexualités, de classes etc. Mais, même si nous avons des limites dans nos vies, nous pouvons aussi créer des espaces de liberté en nous-mêmes. En d’autres termes, malgré ces barrières, nous vivons nos vies sans limites. Beaucoup de travaux sur les communautés LGBTQ ne mettent en scène que des personnes blanches. Je voulais donc exposer un autre aspect de cette communauté car, lorsqu’on ajoute une autre “limite” à ce groupe social, comme la race, le problème structurel devient plus grand. Je vous invite chaleureusement à venir voir cette exposition qui se déroulera du vendredi 3 au samedi 18 août au McCullough Center Gallery ! Vernissage demain vendredi de 19h30 à 21h30

Propos recueillis par Connor Owens

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