Ovation du public, tout simplement

Je suis assis lorsque la première note résonne, et déjà mes pieds quittent le sol. Les frissons qui descendent le long de mon échine sont comme la brise qui caresse le plumage des oiseaux. Je suis ici, et je suis ailleurs. Une barrière s’est rompue, on l’a libérée. Est-ce le claquement de cette corde de guitare, ou cette voix qui résonne dans ma cage thoracique ? Je ne sais plus si j’entends avec mes oreilles ou si c’est mon corps tout entier qui écoute.

Quand le piano se met à résonner sous le toit du Centre pour les Arts, j’ai perdu toute notion des directions. Chaque note tinte contre mon torse et dans mon esprit, et chacune semble me parler sans que je comprenne tout à fait ce qu’elle dit. D’aucuns disent que les mathématiques sont ce qui approche le plus l’humanité de l’écriture divine, et pourtant en cet instant sublime, rien n’est moins sûr. Le déferlement mélodique qui m’emporte est sans pitié, comme ces doigts qui martèlent les touches du piano sans merci. Pitié ! C’est trop, et à la fois jamais assez.

Rien, le son ne me laisse rien. Pas un espace pour crier, pas une échappatoire. J’ai envie de rendre ce qui m’est donné, de partager ce que je ressens, et j’en suis parfaitement incapable. Le piano n’est plus seul. Ce piano qui m’a déjà ravi et surpris, emporté et caressé. Une voix, claire comme du cristal s’envole avec lui et me laisse chancelant. Comprendre n’a plus d’intérêt. Je veux sentir, ressentir. C’est alors que la flûte entonne ses délicates envolées qu’elle lance à l’assaut des cieux, loin au-dessus de nos têtes.

C’est à l’ultime conquête que j’assiste. Tous les dieux et leurs créations semblent à portée de main, je m’élève encore et encore jusqu’à… Est-ce un tambour ? Non. Le vacarme est tonitruant. Une armée de tambours? Pourquoi suis-je en train de redescendre ? La musique a cessé? Ce ne sont pas des tambours, mais un tonnerre d’applaudissement. Est-ce terminé ? Déjà ? Je frissonne, incapable d’être triste.
Car si ce concert est fini, c’est qu’un autre attend pour commencer.

Alex Crémieu-Alcan

L’avis des musicien.nes

Vendredi dernier, nous avons tous été époustouflé.e.s par la performance de Caroline, Claire, Mendel et TJ. Avant le concert, ils ne se connaissaient pas. Pourtant, le temps d’une soirée, ils ont partagé une expérience inoubliable. Ils attribuent cette réussite à Clémentine, notre res-ponsable des activités musicales. Pour Caroline, cette dernière a réussi à créer un lien entre les musiciens. Claire, de niveau débutant, s’est sentie extrêmement soutenue dans son apprentissage du chant lyrique en français. Mendel a apprécié les temps d’échange entre les musiciens, surtout pour conjurer le trac avant l’entrée en scène. Pour TJ, le succès du concert était lié au fil conducteur que Clémentine avait établi entre les pièces. Nous souhaitons remercier ces étudiants d’avoir partagé avec nous cette riche histoire de la musique française le temps d’une soirée.

Julie Sénat

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