Edie Richardson, ou le confinement à Paris vu de l’intérieur

Etudiante finissante actuellement à Paris, Edie a vécu le confinement dans la capitale française de l’intérieur. Elle nous raconte ce bouleversement soudain.

La Gazette : Rentrons directement dans le vif du sujet. Le 13 mars, Emmanuel Macron annonce que le pays est confiné. Comment as-tu réagi ?

Une rumeur courait sur un soi-disant confinement les jours précédant son annonce. Avec les autres filles qui étaient à l’Ecole de français de Middlebury, on s’est dit qu’il fallait profiter, donc nous sommes allées au bar (rires). À minuit, le confinement était en place, mais tout cela semblait vraiment irréel. A vrai dire, c’est quand j’ai dû faire ma première attestation de déplacement que j’ai vraiment intégré le fait que, pendant plusieurs mois, on basculait dans un nouveau monde. C’était assez terrible.

Comment ce confinement a-t-il bousculé ton année ?

Au départ, ce n’était pas aussi horrible que je le pensais. J’habite au 6e étage sans ascenseur, donc je ne sors pas si souvent de chez moi ! (rires). Je me faisais livrer mes courses, et je sortais que, quand j’avais vraiment besoin de prendre l’air. Je me suis mise au yoga, et je me suis inscrite à un ciné-club, ce qui était vraiment chouette. Le plus dur pour moi, c’était de trouver un rythme de vie adéquat. J’avais le temps de tout faire, et comme souvent dans ces situations-là, tu procrastines. Je devais encore rédiger mon mémoire pour la fac, et cela m’a pas mal stressée pendant l’épisode du Covid. J’ai dû écrire 60 pages sans avoir accès à une bibliothèque; c’était difficile à surmonter. A la fac, aucun de mes cours n’était via Zoom. Les professeur.e.s déposaient tout sur l’ENT (l’équivalent de Canvas en France*). On était livré.e.s à nous-mêmes.

Es-tu ressortie différente de ce confinement ?

Beaucoup ont mal vécu le confinement, mais personnellement, j’en suis sortie grandie. Je me suis retrouvée seule, face à mes sentiments, face à mes angoisses. Je ne pouvais pas aller voir mes ami.e.s, donc j’ai appris à affronter mes problèmes toute seule. Maintenant, je fais de la méditation, je fais du sport, et au bout de trois semaines environ, j’avais trouvé mon rythme. Fi­nalement, cet épisode m’a aidée à en apprendre beaucoup sur moi-même.

Et quid du déconfinement ?

Ah, le déconfinement ! Deux de mes amies sont venues chez moi, et nous avons fait la fête jusqu’à 8h du matin. Mais le vrai déconfinement, c’était quand nous pouvions de nouveau retourner au bord de la Seine entre amies. De sacrés souvenirs.

Propos recueillis par
Connor Owens

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