Les racines de la crise de l’abus d’opioïdes dans le Vermont

Cinq Vermontois sur six ont reçu une ordonnance pour des antidouleurs en en 2014

Bien que cette épidémie affecte tous les États-Unis, le Vermont est celui qui en souffre le plus. 

L’histoire de l’épidémie

Le médicament opioïde OxyContin a été lancé en 1995 comme une nouvelle version, prétendument moins addictive, de l’antidouleur oxycodone. Sa sortie a coïncidé avec un mouvement médical pour mieux sou­lager la douleur. Par conséquent, le nombre d’ordonnances à ces psychotropes aux États-Unis a augmenté à plus de 255 millions en 2012, c’est-à-dire, 81.3 % des ordonnances prescrites. Et le problème n’a fait que s’aggraver. En effet, même si les ordonnances soignent des douleurs légitimes, elles peuvent quand même provoquer des dépendances, sans parler du fait que les médicaments sont plus fa­ciles à obtenir que les opioïdes illicites, telle que l’héroïne. 

Dans le Vermont, le chemin long au traitement accessible

Cinq Vermontois sur six ont reçu une ordonnance pour des antidouleurs en 2014, et le nombre de décès par overdose dans l’état a augmenté aussi chaque année. Ces chiffres inquiétants auraient pu être évités, mais l’ancien gouverneur du Vermont Howard Dean a privilégié l’augmentation des effectifs de la police afin de “protéger” la communauté contre les drogués au lieu de trouver des solutions valables pour l’éradication de l’épidémie, telles que les cliniques de méthadone (un médicament qui diminue les symptômes provoqués par le sevrage des opïoides). 

En 2011, Peter Shumlin a été élu gouverneur, et les ressour­ces efficaces contre l’addiction se sont finalement matérialisées. Le ministère de la Santé du Vermont est parvenu à empêcher la sur-prescription d’opioïdes ; le Narcan, qui agit vite pour contrecarrer une overdose, est disponible dans toutes les pharmacies de l’état, et les cliniques de méthadone sont devenues enfin légales, et sont aujourd’hui si accessibles qu’il n’y a même plus de listes d’attente.

Malgré les progrès que le Vermont ont fait, 1,6 % de sa population adulte reçoit actuellement des traitements pour la dépendance aux opioïdes, ce qui laisse malheureusement le Vermont en tête des états touchés par ce mal. Bien sûr, c’est un soulagement que le traitement soit enfin disponible, mais c’est dommage que l’addiction ait été tellement stigmatisée par l’ancien gouverneur au dépend d’un nombre grandissant de Vermontois qui cherchaient des soins ne sont pas arrivés à les trouver jusqu’à récemment.

Sydney Schoenfield

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