Wedsly Guerrier et “l’École de Shania Twain”

Ryan Lenora Brown, étudiante au niveau 400, a décidé de vous raconter l’histoire de Wedsly Guerrier, professeur au même niveau et coach de l’équipe de football.

Peut-être que vous avez déjà fait la connaissance de Wedsly Turenne Guerrier sur le terrain de foot, où il entraîne l’équipe de l’École de français dans sa quête courageuse pour la Coupe du Monde. 

Ou peut-être l’avez-vous rencontré dans la salle 202 de Sunderland, ou tous les jours il embrouille des anglophones avec la phonétique française (une bonne note automatique si vous pouvez lui dire au déjeuner aujourd’hui la prononciation parfaite de « au-dessus » et puis « au-dessous »).  

Mais savez-vous qu’il a reçu ses premières leçons d’anglais de l’école de Shania Twain ?

« Vous allez rire, mais la musique « country » m’a beaucoup aidé quand j’apprenais l’anglais, » dit-il, en parlant du moment où il est arrivé aux États-Unis juste après avoir fini le lycée en Haïti. « Une bonne manière d’apprendre une langue, c’est d’écouter la musique, les chansons, parce que, quand on chante, on n’a pas d’accent. » 

Oui. Ça, c’est la nouvelle du jour. Vous pouvez arrêter d’aller en cours tout de suite pour écouter de la musique en français à la place. Le professeur l’a dit. 

Mais,  « il est aussi important de lire, de faire le devoir, et aussi de travailler la prononciation », remarque-t-il. « Il ne faut pas avoir peur de parler. Les erreurs, ça fait partie de l’apprentissage. »

Oh. Zut. Alors, je suppose qu’il faut continuer à assister à vos cours de l’École de français, surtout le cours de phonétique (le cours préféré de tout le monde, bien sûr).

Mais si vous avez la maladie de la quatrième semaine (voici les symptômes : la fatigue, la paresse, l’ennui), M. Guerrier pourrait vous soigner avec un peu d’histoire haïtienne, pour vous rappeler des événements qui ont marqué l’histoire de la France et la francophonie. 

Les lieux : L’île des Caraïbes de Hispaniola, vers la côte de l’ouest. 

L’année : 1791. 

Le but : Renverser le système esclavagiste et rendre la colonie française de Saint-Domingue à ses habitants noirs. 

« La Révolution haïtienne a changé l’histoire du monde, » précise M. Guerrier, qui est spécialiste de la poésie francophone des Caraïbes et qui enseigne la langue créole haïtienne. « Les esclaves de Saint-Domingue ont vaincu l’armée de Napoléon. C’est extraordinaire, c’était du jamais vu ! »

De plus, explique-t-il, « la colonisation, y compris en Haïti, a changé le caractère même de la langue française ». 

Donc aujourd’hui, « on peut parler … des différents types de [la langue] française. Les Canadiens ne parlent pas comme les Français. Un Haïtien ne parle pas comme un Parisien. Un Sénégalais ne parle pas comme un Français, » dit-il. « Une langue maternelle, c’est quelque chose qu’on forge. Qui a la droit de dire, ça c’est pas ta langue. Comment l’expli­­­­–quer ? »

Ryan Lenora Brown

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