Conférence de Karl Cogard : l’enseignement et l’apprentissage du français aux Etats-Unis, état des lieux et perspectives.

Apprentissage du français aux Etats-Unis : Karl Cogard en appelle à l’action

« C’est parce que l’avenir nous est inconnu qu’il faut avoir tous les outils dans sa poche ». Cet outil dont Karl Cogard, attaché à l’Ambassade de France à Washington, est venu s’entretenir avec une soixantaine de personnes réunies à Middlebury College, c’est la langue française. Retour sur cette rencontre, tenue le 11 juillet, au cours de laquelle fut dressé un état des lieux de l’apprentissage et de l’enseignement aux Etats-Unis.
Nourrissant sa démonstration de nombreuses données, Monsieur Cogard commença par exposer la situation actuelle aux Etats-Unis, « pays mono-langue », selon lui, puisque 231 millions d’habitants y parlent uniquement l’anglais. Un constat qui est bien différent outre-Atlantique, en Europe, où 44 % des citoyens maitrisent une seconde langue.
Le portrait du système d’enseignement du français peint par le représentant français donne à voir des écoles primaires nord-américaines dont une sur quatre uniquement propose le français aux élèves. Si le taux est meilleur s’agissant des lycées (91% de ces établissements offrent le français comme seconde langue), M. Cogard a cependant souligné que la clé d’acquisition d’une seconde langue à un niveau plus que rudimentaire résidait dans une exposition précoce à cette langue.
Poursuivant son analyse avec des statistiques régionales, il pointa la disparité géographique frappante de l’apprentissage du français : le nord-est des Etats-Unis accueille plus de la moitié des apprenants du français.
Les éléments de connaissances apportés par M. Cogard recoupent les résultats des recherches menées par d’autres organismes (Pew Research Center, Forbes, etc.) concluant à une diminution de l’intérêt aux Etats-Unis pour l’apprentissage du français.
Un problème pour la jeunesse américaine ?
C’est alors que le conférencier lança son appel à destination de la jeunesse américaine en mettant en avant l’argument économique. La nouvelle économie sera, selon lui, basée sur la croissance des emplois et des marchés globaux dans des régions et au sein d’entreprises qui exigent la connaissance du français, surtout en Afrique. Le « Rapport Attali » publié en France en 2014 soutenait ce même argument : l’ensemble des pays francophones et francophiles représentent 16% du PIB mondial avec un taux de croissance moyen de 7%.
Le français est ainsi un outil ouvrant plein de possibilités à la nouvelle génération qui est entrée dans le monde du marché global. Et l’orateur, pour conclure, d’inviter les jeunes professeurs de cette langue présents dans l’auditoire à profiter des programmes de soutien à son apprentissage, développés par les autorités françaises.
Sous les applaudissements du public…

T. W.

Etat des lieux et perspectives de l’apprentissage du français aux Etats-Unis

Responsable depuis 2015 du département de coopération éducative des services culturels de l’ambassade de France à Washington, Karl Cogard a donné une conférence, le mardi 11 juillet à Middlebury, aux étudiants de l’Ecole française. Le sujet de son intervention fut « l’enseignement et l’apprentissage du français aux Etats-Unis, état des lieux et perspectives ».
S’appuyant sur les rapports les plus récents, il a commencé par présenter la situation des langues étrangères aux Etats-Unis dans leur ensemble : 231 millions d’Américains parlent aujourd’hui uniquement une langue, l’anglais, alors que 30 millions maitrisent couramment deux langues. Si 91 % des lycées offrent un enseignement de langue étrangère, 25 % des écoles primaires, et parmi celles-ci, les écoles privées (50 % d’entre elles) bien davantage que les publiques (15 %), proposent un tel enseignement. Géographiquement, des différences marquées existent également puisque ce sont, de manière générale, principalement les états du nord-est du territoire américain qui disposent d’un pourcentage élevé d’établissements qui permettent l’apprentissage d’une langue étrangère.
Le conférencier a ensuite centré son analyse sur le cas de l’enseignement du français. Aux Etats-Unis, plus d’un million deux cents mille personnes apprennent le français, le français étant la 2e langue la plus enseignée après l’espagnol. Cet enseignement emprunte essentiellement la voie du FLE (Français Langue étrangère), les dispositifs de bilinguisme et de cours en ligne étant moins répandus. M. Cogard a souligné combien la maitrise d’une langue étrangère lui semblait être un atout de plus en plus important sur le marché du travail. En 2015, près de 10 000 annonces d’emplois exigeaient une compétence linguistique avancée en français, ce qui correspond à un bond de 22,2 % par rapport à 2010. Une tendance qui se reflète dans le slogan choisi par l’Institut Français pour sa nouvelle campagne de promotion : « Et en plus je parle français… » dont le clip fut diffusé à l’auditoire.
Soutenir l’apprentissage du français
Dans la dernière partie de sa présentation, l’orateur a décrit les principales actions de coopération éducatives mises en œuvre pour soutenir l’apprentissage du français et qui sont autant d’opportunités pour se former : le TAPIF (Teaching Assistant Program in France) qui finance abondamment des séjours d’assistant en France, pour les jeunes enseignants de langue française américains, l’enseignement bilingue, le développement de l’offre de cours en français professionnel ainsi que le soutien à la formation continue des enseignants de français.
« Et la culture dans tout ça ? », c’est, en substance, l’interrogation que souleva un enseignant de l’école française de Middlebury dans la discussion qui suivit le propos de M. Cogard. Si le rapport Attali a présenté, en 2014, le scénario optimiste d’une progression du nombre de locuteurs francophones dans le futur, cette progression se fera au prix d’une extension de l’aire culturelle francophone.
De là à lancer, comme cela a pu être déjà proposé, un « Netflix francophone » ?

R. D.

La crise de la langue française aux Etats-Unis

Deux jours avant la visite de Donald Trump à Paris pour célébrer le 14-Juillet et la force des liens diplomatiques entre la France et son partenaire d’outre-Atlantique, Karl Cogard, attaché de l’ambassade de France à Washington, a rendu compte, lors d’une conférence à l’Ecole française de Middlebury, des efforts de la diplomatie française pour défendre la place du français aux Etats-Unis, et, ainsi, le « pouvoir d’influence » de la francophonie dans le monde. Analyse d’un plaidoyer.
Sans détour, M. Cogard fit d’abord remarquer qu’aux Etats-Unis, « les langues étrangères ne sont pas une priorité » des pouvoirs publics. L’enseignement des langues étrangères y est « insuffisant » et « tardif », même si le conférencier note que 91 % des lycées américains offrent des cours de langue étrangère (58 % des collèges), un taux toutefois en baisse de 12 % comparé à 1997. Un constat qui n’est pas sans conséquence sur la situation globale du plurilinguisme aux Etats-Unis : 231 millions d’Américains parlent uniquement l’anglais alors que les citoyens européens sont majoritairement bilingues.
Cette présentation rejoint celle du rapport de la « Modern Language Association » qui indique une baisse, depuis 2009, de 8,1 % du nombre des étudiants américains qui suivent un cours de français. Il n’en reste pas moins vrai, comme l’a indiqué M. Cogard, que le français demeure parmi les langues les plus enseignées aux Etats-Unis, à la deuxième place, alors que autorités américaines des départements d’Etat et de celui de l’Education valorisent des langues encore peu enseignées à ce jour, comme l’arabe ou le chinois, car elles ont une importance stratégique pour le gouvernement fédéral.
L’Afrique francophone pour horizon économique
Le représentant français a ensuite expliqué que l’apprentissage du français se justifiait à présent par des motifs économiques. La croissance démographique et économique de l’Afrique est en train de créer un gigantesque marché pour les locuteurs francophones disposant de compétences linguistique avancées. Une tendance confirmée par l’INED (Institut National des Etudes Démographique) qui a diagnostiqué que le français serait, à l’horizon de ce siècle, la langue la plus parlée au monde en raison de cette croissance africaine. Or, selon M. Cogard, les Etats-Unis pourraient « perdre ce marché ». Et rester en retrait d’autres pays anglophones, le Canada, le Royaume-Uni dont 16% de la population est francophone, avec, donc, des effets économiques négatifs.
Afin de renforcer l’enseignement du français, les services éducatifs de l’ambassade misent sur les partenariats locaux. Ainsi de l’initiative qui a été lancée avec l’état de l’Utah pour la création d’écoles bilingues francophones. Comme le souligne, au final, l’orateur : « on essaie d’influer mais gentiment ».
Un message qui ne devrait pas déplaire aux présidents Trump et Macron…

J. F. – Middlebury, Vermont – Le 14 juillet 2017

Enseignement du français : « Il y a plein de choses à faire »

C’est l’été. Les écoles de langue ont repris leur activité à Middlebury College. Les élèves de l’école française apprennent, écoutent et jouent. Le 11 juillet, M. Karl Cogard, attaché d’éducation à l’ambassade de France à Washington a rejoint notre petit campus, perdu au milieu de nulle part, pour y donner une conférence intitulée : « L’enseignement et l’apprentissage du français aux Etats-Unis : état des lieux et perspectives ». Utilisant plusieurs rapports récents et chiffre à l’appui, le conférencier a d’abord expliqué qu’il « manquait de professeurs », tout en soulignant ensuite, s’adressant aux élèves, l’importance d’avoir « une autre langue dans sa poche ».
« Mono-langue largement », voilà comment M. Cogard a décrit les Etats-Unis. Avec 230 millions de locuteurs qui parlent uniquement anglais, 30 millions d’Américains qui s’expriment également couramment dans une autre langue et 30 millions qui ont une connaissance scolaire d’une seconde langue, la situation semble assez sombre. C’est réjouissant souligne pourtant le représentant français car cela signifie « qu’il y a plein de choses à faire » !
Le défi pour la puissance globale que sont les Etats-Unis semble cependant d’importance puisqu’un quart seulement de la population mondiale, aujourd’hui, s’exprime en anglais, ce qui, de fait, limite la communication des Américains avec 75 % des citoyens du monde. Or uniquement une école primaire sur quatre offre aujourd’hui des cours de langue étrangère sur le territoire américain (près d’une école primaire publique sur sept), réduisant ainsi l’opportunité pour les jeunes d’apprendre une autre langue.
Un manque de professeurs
Selon Karl Cogard le manque de professeurs dans de nombreuses disciplines génère une situation de crise, surtout dans le sud, y compris dans des états marqués pourtant par le français, en Louisiane par exemple, où il devient difficile de recruter des enseignants de français.
« La solution est locale » a affirmé l’orateur. Optimiste, il a ainsi orienté la deuxième partie de sa conférence sur la présentation des programmes destinés à soutenir l’enseignement et l’apprentissage du français. Qu’il s’agisse du TAPIF, pour les assistants de langue en France, de la campagne de communication et de promotion lancée par l’Institut français « Et en plus je parle français », il est nécessaire de prendre conscience « qu’une deuxième langue, ça sert » affirme M. Cogard, avec espoir, exposant finalement les richesses du bilinguisme.
Un bilinguisme qui sert d’abord à trouver du travail. Les personnes qui possèdent le français comme seconde langue ont des chances d’être employées dans les secteurs de l’assurance, de la médecine, de l’humanitaire ou bien encore de la banque.
A condition de ne pas commencer l’apprentissage du français trop tardivement…

C. S. O. C.

Apprentissage du français, francophonie : quelle stratégie ?

Le 11 juillet, sur le campus de Middlebury, M. Cogard, attaché à l’ambassade de France à Washington, a réuni une partie des enseignants et des élèves de l’Ecole française pour une conférence portant sur la coopération éducative entre la France et les Etats-Unis en matière d’apprentissage et d’enseignement du français.
Un million deux cents mille, c’est le nombre de personnes qui parlent français aux Etats-Unis. Mais uniquement 16,3 % d’entre elles l’ont appris à l’école. Pourtant, selon M. Cogard, le français est très utile et reste très diffusé dans le monde. Une situation qui encourage à développer l’apprentissage du français, en particulier aux Etats-Unis où l’on constate une demande croissante d’emplois qui requièrent la maitrise de la « langue de Molière ».
Or, il n’y a pas suffisamment d’écoles qui, aujourd’hui, offrent des enseignements de français. C’est pourquoi, le représentant de l’ambassade insiste sur les dispositifs de soutien offerts aux enseignants du français, notamment les programmes de bourses et de stages en France. Le but est d’augmenter le nombre de professeurs.
Jouer la carte de la francophonie ?
Une autre stratégie consiste à orienter la jeunesse vers l’étude du français. Lancée au sommet de la francophonie, organisé par l’OIF (Organisation internationale de la Francophonie) de Dakar en 2014, elle s’appuie sur le constat que le nombre de locuteurs français est croissant dans le monde et qu’il convient par conséquent de soutenir l’apprentissage de cette langue. A l’horizon de 2022, il s’agit de faire en sorte que la jeunesse francophone soit « au cœur d’un développement humain durable », d’améliorer l’éducation au français dans la perspective « des valeurs humaines, de l’employabilité et de l’insertion socioprofessionnelle ».
Apprendre le français, c’est ainsi, aussi, dans cette perspective, orienter la jeunesse pour le futur en la faisant participer à la vie citoyenne et en contribuant à la diversité culturelle. Un défi dont la réussite repose sur la coopération entre les Etats et les gouvernements, en particulier au sein de l’OIF.
Gageons que cette belle ambition suscitera de nombreuses vocations parmi les jeunes Américains qui se destinent à l’enseignement du français !

C. L.

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