Sheila Schwaneflugel, femme d’exception

Sheila est arrivée en poste en 2008. Photo/Oksana Parafeniuk/EF.

En poste depuis 11 ans, Sheila est un véritable monument de l’École de français. La Gazette a décidé de vous raconter l’histoire de notre Directrice Assistante. 

Il existe à l’École de français un moment singulier, poignant, émouvant, bouleversant. Cet ins­tant, il dure, longtemps, et il se répète chaque été sans faute. À l’occasion du Banquet Final qui clôture la session, les étudiant.e.s prennent le temps d’applaudir la direction, les professeur.e.s, les assistant.e.s. Une fois ces derniers honoré.e.s, la salle entière garde les yeux rivés sur une seule et même personne. Elle est annoncée, et se lève timidement. Et puis, la communauté entière scande son nom en cœur : « Sheila ! Sheila ! Sheila! ». Les larmes qui coulent sur les visa­ges traduisent un remerciement sincère, et les quelques deux cents personnes présentes res­tent debout d’admiration devant cette femme d’exception.

Sheila Schwaneflugel, c’est un monument de notre École. Un personnage emblématique qui a marqué de son empreinte notre institution. Originaire de Montréal, notre Directrice Assistante possède une histoire pour le moins extraordinaire. Un père ingénieur. Une mère professeure des écoles. Après le lycée, un voyage de 4 ans, pour suivre un festival de Renaissance à travers le pays. « Oui, j’étais carrément hippie », avoue-t-elle, tout sourire. « C’est vrai que je n’ai pas eu une vie, disons, ordinaire. J’aimais bouger, rencontrer du monde. Je ne me voyais pas forcément faire carrière quelque part, comme on dit ». Après des allers-retours permanents entre Montréal et le Vermont, Sheila décide de se poser dans l’État aux montagnes vertes, dont elle tombe amoureuse. Entre 25 et 50 ans, la Montréalaise change souvent d’emploi, mais reste tou­jours dans le même secteur. « J’ai eu pas mal de boulots différents au cours des années, mais que j’ai gardés assez longtemps. Je travaillais pour de petites entreprises progressives du coin, souvent à but non lucratif. Je m’occupais presque essentiel­lement de ventes administratives et de marketing ». 

Middlebury College

À l’âge de 50 ans, Sheila décide de s’éloigner du monde professionnel pour passer plus de temps avec son fils, Angus. À nouveau prête à travailler, la Vermontoise d’adoption voit passer une annonce pour un emploi au sein de Middlebury College. « J’ai toujours eu un grand intérêt pour cette université. Quand j’ai vu l’offre pour le poste de coordinatrice (aujourd’hui inti­tulé Directrice Assistante, NDLR) de l’École de français, je n’ai pas vraiment hésité. J’ai passé les entretiens, et soudain, ma nouvelle vie était lancée ». Au bureau de Sunderland, Sheila excelle à son nouveau travail, amenant le poste de coordinatrice de l’École de français à un tout autre niveau. Son sens exceptionnel du relationnel, et son professionnalisme sans faille font d’elle un modèle à suivre. ­

« Les journées sont longues, surtout à l’approche de la session d’été. Mais bon, j’adore ce que je fais, j’adore être au contact des gens. Je pense que c’est un boulot qui correspond à ma personnalité ». Véritables rouages de la machine, les coordinatrices des Écoles de langues sont, entre autres, responsables des candidatures des étudiant.e.s. « Nous lisons tous les dossiers académiques. À l’École de français, j’ai reçu 400 dossiers différents cette année. J’y ai découvert les histoires de chaque étudiant.e, aussi passionnantes les unes que les autres ».

« Les étudiant.e.s apportent le meilleur d’eux-mêmes »

En onze ans de travail, la Montréalaise a vu passer plus de 2000 étudiant.e.s à l’École de français. Un chiffre pour le moins impressionnant. Mais ce qui reste extraordinaire, c’est la capacité de Sheila à se souvenir de ces 2000 élèves. Nom, prénom, niveau, histoire. Elle peut tout vous dire. « Ils font tous des choses exceptionnelles, et je les admire tant. Middlebury, ce n’est pas que les meilleur.e.s et les plus brillant.e.s. Ici, les étudiant.e.s apportent le meilleur d’eux-mêmes, et nous ne nous rendons pas compte de la chance que nous avons de pouvoir les côtoyer ». Avec des étoiles dans les yeux, Sheila continue de raconter les histoires de personnes qu’elle a vues passer à l’École. La grande majorité des étudiant.e.s restent en contact avec la coordinatrice, qui peut suivre la vie de ses protégé.e.s. « Beaucoup de personnes viennent à l’École de français car elles savent qu’en apprenant le français, elles pourront contribuer de façon positive au monde. Je suis si heureuse de les voir progresser si vite au cours de la session, et surtout, de les voir mener à bout leur projet après les sept semaines passées ici ». 

Véritable maman de l’École de français, Sheila suscite l’admiration de ses pairs. Onze ans après, certain.e.s étudiant.e.s conti­nuent de donner de nouvelles à la Directrice Assistante, qui prend toujours le temps, entre 100 emails, de répondre, avec ce même sourire permanent aux lèvres. 

« Ce travail m’a permis de faire des rencontres inoubliables. Professeur.e.s, assistant.e.s ou étudiant.e.s… Beaucoup sont devenu.e.s des ami.e.s proches que je revois chaque année. J’ai le privilège de faire partie d’une communauté exceptionnelle, et je sais que tant que je continuerai cette aventure, ces rencontres uniques ne cesseront jamais ». 

 Connor Owens

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


css.php