Juan Walsh, danseur défenseur des minorités

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Étudiant en première année de Maîtrise, Juan Walsh s’est produit partout dans le monde. Faute à une blessure, le jeune homme de 23 ans a dû mettre un terme à sa carrière prometteuse tôt. Au-jourd’hui, il s’appuie sur ses origines pour défendre une chose importante à ses yeux : les langues locales.

Dans le village de Sixaola, au sud de l’île du Costa Rica, Juan Walsh et sa tribu des Bribris vivent à l’écart du monde qui les entourent. Ayant grandi sans eau courante ni électricité, Juan se balade un jour au marché et découvre à la télévision le célébrissime danseur Gene Kelly. Sa carrière est alors lancé. “J’avais 7 ans, et je n’avais jamais vu une télévision de ma vie. Quand j’ai vu Kelly, je suis immédiatement tombé amoureux. Ce jour-là, j’ai compris que je ne voulais pas être fermier, mais danseur professionnel”. 

Le rêve américain

À l’âge de 10 ans, Juan et sa famille doivent partir de leur communauté à cause d’une nouvelle épidémie de Dengue, une maladie transmise par les moustiques. Leur destination ? Les États-Unis d’Amérique. “Nous avons décidé de partir quelque part où les opportunités professionnelles se font plus nombreuses. Je suis très fier de ma culture, mais il est évident que j’ai plus de chance de réussir aux États-Unis que chez moi”. Dès son arrivée à New York, Juan intègre le studio de Manhattan Ballroom Dance. Très vite, il se retrouve à dan­ser partout dans le monde. “Je suis allé dans beaucoup de pays différents. En Russie, bien sûr, mais aussi en Amérique Latine et en Europe. J’ai fait le festival de Blackpool en Angleterre par exemple, et aussi la compétition nationale de danse de salon aux États-Unis. C’était un rêve devenu réalité pour moi”. 

Langues locales

À la fin du lycée, la carrière du danseur est stoppée net. Un accident pousse Juan à une retraite prématurée. “Un jour, je suis tombé d’un étage sur un piano. Je ne pouvais pas marcher pendant trois mois, c’était terrible. J’ai pu reprendre la danse, mais pas au niveau professionnel. Je dansais plusieurs heures par jour, mais après l’accident, ce n’était plus possible”. Voulant vivre de sa passion, le jeune homme décide de devenir professeur de danse, à Manhattan toujours. Épanouï dans son travail, Juan aimerait pourtant poursuivre un autre rêve en parallèle : la défense des langues locales. “J’aime la danse, mais j’aime aussi les langues. Le français ? Je l’apprends car, premièrement, c’est une langue dominante dans le monde de la danse de salon. Mais aussi parce que dans le monde de la Francophonie, il existe beaucoup de langues locales comme la mien­ne. Ces langues, je veux les préserver, les défendre. C’est la raison de ma venue ici, à l’École de français”. 

Connor Owens

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