Kim Possible

Brillante, Kimberly McCabe est aussi ambitieuse et sait ce qu'elle veut. Entretien :

Kimberly, qui préfère qu’on l’appelle Kim, semble incertaine de ce qui l’attend mais paraît sereine en sirotant son thé dans lequel elle trempe prudemment les lèvres pour ne pas se brûler. Je lui demande quel est son parcours scolaire.

“j’ai reçu une offre pour étudier à Stanford”

« J’ai grandi dans le Colorado qui a un très bon système scolaire. J’y ai fait mon collège et mon lycée. Puis j’ai reçu une offre pour étudier à Stanford alors j’ai accepté. » Je m’enquiers de la nature de l’offre : a t-elle étudié gratuitement ? « Oui, répond-elle, j’ai eu une bourse au mérite et comme ma famille n’a pas beaucoup d’argent, j’ai eu une aide financière. »
« Au début, continue-t-elle, j’ai commencé par étudier la biologie et la chimie parce que je voulais être médecin, mais ça ne m’a pas plus alors j’ai arrêté, et puis il y a déjà un médecin dans ma famille », poursuit-elle en riant. « Comme j’avais toujours aimé le français je me suis lancée dans l’apprentissage de cette langue. J’ai choisi Middlebury et maintenant je suis là.

Entre temps, j’ai reçu une bourse de recherche pour aller à Narbonne, puis à Paris juste après. C’était très cool. C’était un peu comme un cadeau. J’ai des amis qui ont fait de grands voyages, et moi j’avais juste ce petit projet de recherche, mais c’était très cool. »

Une culture, un contact

« Tu m’as dit que tu avais des passe-temps un peu particuliers. »
Elle baisse les yeux sur son thé, aspire bruyamment un peu du liquide comme pour détourner l’attention du sujet ; elle semble gênée. « J’ai beaucoup de passe-temps particuliers. » Elle essaie d’éviter la question, alors j’insiste : « Tu m’as dit que tu souffrais d’insomnies…» Elle rit.
– Ben… un tout petit peu…
– Ça te gêne beaucoup ?»
Elle hésite avant de préciser : « C’est un peu stéréotypique… »

Elle se réinstalle dans le fauteuil, puis continue. « Quand je n’arrive pas à dormir, j’adore me promener à l’extérieur. Dans la culture Navajo, ce contact avec la nature est très important. Une tradition veut que nous courrions le matin dès l’aurore pour remercier le soleil de nous donner ce nouveau jour qui est un peu comme une nouvelle vie. C’est une tradition qui meurt, parce qu’il n’y a plus beaucoup de Navajos, mais elle est importante pour moi. Et puis j’aime la photographie. Les deux marchent bien ensemble. On a appris ce mot en cours ; flâneuse ? Je suis flâneuse. »

“A la fin, je voudrais récupérer nos reliques”

“Et pour l’avenir ? Après Middlebury ?”, demandé-je. Son regard fixe intensément le mien et me donne le sentiment que ce qu’elle s’apprête à dire lui tient à coeur.

“J’ai un but dans la vie (j’en ai beaucoup, mais il y en a un très important pour moi). À Paris il y a le musée du Quai Branly qui entrepose beaucoup d’objets amérindiens, dont certains sont sacrés. Ici aux États-Unis il y a une loi qui protège ces objets ; mais il n’y pas de loi comme cela en France, alors il y a des objets sacrés qu’on expose et personne ne sait qu’ils le sont alors j’aimerais bien…” Elle semble hésiter à prononcer le mot. « Les récupérer ? », lui demandé-je.

« Oui, tout à fait. C’est ça le but de ma vie. À la fin, je voudrais récupérer nos reliques. »

Propos recueillis par Alex Crémieu-Alcan

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