Naima Sait : “ J’ai obtenu une carte verte via la loterie”

Cette semaine, nous avons décidé de partir à la rencontre de Naima, professeure de français et d’arabe au Massachusetts ayant été tirée au sort pour obtenir une carte verte états-unienne il y a 6 ans.

La Gazette : Que faisais-tu avant de venir aux États-­­Unis?

Avant de venir ici, je vivais en Algérie avec ma famille à Tizou Ouzou, le chef-lieu de la Kabylie qui se trouve au nord du pays. Après le lycée, j’ai décidé de faire une licence en Littérature française à l’université de Mouloud Mammeri. En parallèle, j’ai aussi fait une licence en Traduction et Interprétariat français-arabe-anglais. Une fois les diplômes obtenus, j’ai été enseignante vacataire pendant une année. J’ai enseigné un cours de francais dans le département d’informatique à l’université Mouloud Mammeri.

Peux-tu nous raconter cette histoire assez exceptionnelle concernant la carte verte ?

C’était un peu un hasard ! Je crois qu’il n’y a que 1% des candidats qui sont tirés au sort. Je me suis inscrite à la loterie de la carte verte sans y croire, avec des ami.e.s à moi. Quelques mois plus tard, je reçois un email disant que j’ai gagné la loterie ! Je n’arrivais pas à y croire. C’était il y a 6 ans, j’avais 22 ans. En quelques secondes , ma vie a pris un nouveau tournant.

Donc, tu es partie pour les États-Unis sans hésitations ?

Absolument ! Je suis partie à Somerville, une ville au nord de Boston dans le Massachusetts. Une fois sur place, j’ai obtenu un poste de professeure de français et d’arabe. Après deux ans, on m’a offert un autre emploi dans un autre établissement mais seulement pour enseigner le français. J’ai accepté le poste, et je fais donc cela depuis 4 ans.

Donc aucun regret ?

Aucun. J’enseigne une langue que j’adore dans un pays que j’aime. Je suis particulièrement heureuse d’être à Boston. Je trouve que c’est une ville très internationale avec une grande richesse culturelle. Cela montre que les États-Unis ce n’est pas que des décrets anti-immigration.

Autre question maintenant : pourquoi avoir choisi Middlebury College ?

J’ai choisi ce programme car je suis dans l’enseignement et que les diplômes valorisent le CV. De plus, même en tant que francophone, je trouve le programme difficile. Chaque jour est un nouveau défi. J’ai énormément d’admiration pour les personnes qui viennent ici au niveau 100. C’est très courageux ! Aussi, c’est un programme pour tous les niveaux, et ça c’est une très bonne chose. L’immersion totale est une grande chance pour nous tous, on a vraiment l’impression d’être dans un pays francophone, c’est incroyable. Enfin, le petit bonus, c’est le Vermont. J’adore la nature et j’adore peindre. Dès que j’ai un moment, je vais derrière Bi Hall pour faire un tableau du paysage et des couchers du soleil. Ce n’est pas une vie à plaindre !

Pour ceux qui le veulent, les ta­bleaux de Naima sont visibles plus bas.

Propos recueillis par
Connor Owens

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