Nicholas Cheadle, un passionné de théâtre

Nicholas Cheadle

Nicholas s’apprête à me répondre en souriant. Cet étudiant de Cleveland, Ohio a 30 ans et c’est son deuxième été à l’école française, mais pas son deuxième à Middlebury. « En fait c’est mon troisième été à Middlebury parce que j’ai fait un été à l’école d’espagnol. » Je lui demande de me parler du théâtre.

« En général ? » , demande-t-il en riant, les yeux un peu rond devant mon entrée en matière pour le moins vaste. Je me sens un peu bête d’avoir posé une question si floue. « En avais-tu déjà fait avant ? », prends-je le soin de préciser. « J’en ai beaucoup fait au lycée, c’était mon truc. Mais ca fait longtemps que je n’en ai pas fait.

– Quel est ton rôle ?

– Cette année, la pièce est à propos d’une troupe de théâtre qui décide de faire la révolution au lieu de répéter leur pièce. Ils sont plus ou moins des caricatures. Dans tout ça, moi, je suis l’homme un peu louche qui cherche des filles partout. Ce n’est pas vraiment fidèle à qui je suis, évidemment. Mais ca reste très drôle. Tous les personnages ont quelque chose de spécial. Il n’y a pas de personnage principal et ça j’aime bien parce que tout le monde a la même quantité de texte. »

Son enthousiasme est contagieux, et je veux en savoir plus.

« Y-a-t-il des idées particulières dans la pièce, un message ?

– Je crois qu’il y a un message. C’est assez politique, en fait. C’est très drôle et ironique mais il y a des moments sérieux. Ce sont tous des jeunes prêts à faire la révolution mais on ne sait pas vraiment ce qu’on fait. Cela se moque un peu des jeunes de 2016 qui se croient très révolutionnaires mais ne le sont pas. 

– Ça m’a l’air compliqué, lui fais-je remarquer.

– Ça parle un peu de la politique en France, mais on peut bien comprendre ici. Ca parle de l’extrême droite et comme tu le sais bien aux États-Unis la droite est un peu devenue l’extrême

droite ».

La remarque le fait rire, un peu jaune je crois, mais il précise :

 « J’ai dû lire la pièce au moins trois fois pour bien comprendre mais c’est parce que je joue dans la pièce. Sonia et Marc ont très bien coupé le texte et mis en scène donc je pense que même avec les références à la politique française on comprend très bien. »

« Un mot pour conclure ? Y a-t-il un message que la pièce cherche à faire passer ?

– À la fin, le message concerne la puissance du théâtre, que c’est une manière d’imaginer d’autres réalités, de faire un peu la révolution sans violence…

– La révolution des idées ? 

– Exactement ! Tu sais déjà quoi mettre dans l’article !

– Tu m’as juste très bien expliqué, merci ! »

Propos recueillis par Alex Crémieu-Alcan 

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