La France à vélo

Federico Ardila vous emmène en voyage autour de la France, à vélo, dans une série de trois articles.

Dès mon arrivée en France, je fus marqué par le sentiment de prépondérance hautaine de Pa­ris par rapport au reste de l’He­xagone : on y trouve les principales institutions du gouvernement, les sièges sociaux des plus grandes entreprises, les centres d’éducation les plus prestigieux, mais aussi une activité culturelle et sociale inégalable, un brassage ethnique et linguistique extraordinaire, et la dichotomie paradoxale d’une ville qui semble suspendue dans le temps, tout en se livrant à un rythme de vie vertigineusement moderne.

Un jour de printemps, j’entendis un groupe d’amis converser sur l’une des innombrables terrasses qui font le siège du grand théâtre de la capitale. Leur discussion était enflammée, très rapide et difficile à comprendre. Soudain, l’un d’entre eux profita d’une pause silencieuse et lança un propos faisant l’effet d’une évidence outrageante : « Dans tous les cas, la France, c’est Paris. Sans Paris, la France ne serait rien d’autre qu’une simple pro­vince ! » Tous restèrent interdits. Or, malgré la gêne persistante des interlocuteurs, la conversation prit une autre tournure.
Je demeurais curieux : serait-il possible ? Ce pays, que je croyais riche et complexe, notamment au niveau culturel, pouvait-il se réduire aussi facilement à une seule ville ? Et moi, depuis deux ans sous le ciel de cette Ville Lumière, que savais-je de la France qui commençait au-delà du Boulevard Périphérique ? Peu après, j’en conclus que le regard cosmopolite d’un habitant de Paris pouvait être fort limité, et qu’il me faudrait en tant que tel, aller personnellement à la rencontre de cette France vivante, diverse et particulière.

Alors, en mêlant ma passion du vélo, l’envie de découverte et le désir de remettre à leur place mes préjugés, je décidai de prendre la route. Le projet : commencer à pédaler début juillet, le long des bords de Loire, longer la côte Atlantique, du Golf de Morbihan à Bordeaux ; traver­ser le Canal des Deux-Mers pour, finalement, arriver à Nice, sur la Côte d’Azur, fin août. Le résultat fut 43 jours de périple, plus de 2500 km parcourus et le souvenir persistant d’une expérience profondément enrichissante… sans oublier les innombrables bouteilles de vin, cadeaux d’accueil des locaux à chacune de mes étapes.
Préparez vos deux roues, rangez vos sacoches, remplissez vos gourdes d’eau fraîche et de bonne énergie, je vous invite à découvrir avec moi la France à vélo, de la Loire à la Méditerranée !

Federico Ardila

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