Deux ovations ont salué l’exceptionnelle performance de David Petrlik et Clémentine Dubost hier soir au concert de musique française.
Il y aurait beaucoup à dire sur la prestation de ce mercredi au Centre Mahaney pour les Arts. Trop, en fait. 2400 mots pour tant d’émotions, c’est peu.
Virtuoses, les musiciens le furent. Le « pizzicato » était particulièrement touchant, jugent Elizabeth et Joseph en référence à une technique particulière de violoniste qui consiste à pincer les cordes du violon à l’aide de l’index plutôt que de se servir de l’archer. « Le son était complètement différent de ce qu’il faisait avant, ça cassait un peu le rythme », complète-t-elle, charmée.
Joseph, qui en est à son 4ème été de Master à Middlebury, y a vu une illustration de son quotidien. « Le final de Debussy donnait la même impression que ce que je ressens ici : d’être tout le temps pressé ».
Certes, il faut retenir l’excellence de ce soir, et c’est la moindre des choses. Mais ne parler que de technique, ce serait retirer à l’art sa capacité à nous transformer en chambres à écho, ses vibrations rebondissant en nous, suscitant émotions, souvenirs, impressions et plus encore. Mardi soir lors de l’avant-propos, Clémentine Dubost affirmait que « ce qu’il y a de beau avec la musique, c’est qu’il n’y a pas besoin d’être expert.e pour être touché.e par elle. »
Sublime
Le vertige, lui, s’est imposé au public à Jim et Stacey, tous deux musiciens et étudiants de niveau 4. Ils ont été eux aussi ravis. « La musique était sublime, la manière de jouer autant que les morceaux choisis, » estime Stacey. « On connaît bien la musique de chambre, » précise Jim en faisant référence au style particulier de musique interprété ce soir. « Nous n’en jouons pas, mais nous croisons souvent des musiciens classiques. Par exemple nous jouons avec un quatuor français. » ajoute-t-il. Nous sommes à l’extérieur de cette musique, mais nous parlons la même langue. »
Myles et Elizabeth, tous deux étudiants de Master, racontent : « Nous ne connaissons pas vraiment ce genre. » Elizabeth ajoute : « je ne vais pas à ce type de représentations dans la vie. C’est vraiment à Middlebury que j’ai l’opportunité d’assister à cela, et cela me donne envie d’écouter plus de musique classique. »
Myles, lui, s’est vu soudain surplomber l‘Histoire. « Ce qui m’a beaucoup impressionné, dit-il, c’est d’apprendre que le violon sur lequel [David Petrlik] joue est plus vieux que le pays dans lequel nous nous trouvons. Cet instrument a survécu à tout ! » Il ajoute même qu’« assister à une telle performance, cela me donne envie de travailler plus dur dans ce que je fais. C’est à se demander ce que nous faisons de nos vies. »
Au moins une chose : nous écoutons de la musique. Et quelle musique !
Alex Alcan-Crémieu
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