L’AES ou la renaissance de l’Afrique au sud du Sahara. Du terrorisme imposé à la souveraineté retrouvée

La Confédération AES (Alliance des États du Sahel) a vu le jour, il y a un an, le 6 juillet 2024 à Niamey (Niger), à l’initiative des présidents burkinabè, malien et nigérien, respectivement le Capitaine Ibrahim Traoré, le Colonel Assimi Goïta et le Général de Brigade Abdourahamane Tiani. Ces trois officiers, engagés sur le terrain de la lutte anti-terrorisme au Sahel depuis le démembrement délibéré de l’État libyen en 2011, étaient révoltés par la supercherie du dispositif international établi au Sahel pour soi-disant aider les trois pays à se débarrasser du terrorisme. Ils ont donc successivement pris le pouvoir dans leurs pays respectifs. Ces trois chefs d’État sont des continuateurs de l’œuvre initiée notamment par le Capitaine Thomas Sankara, entre 1983 et 1987, date de son assassinat pour des raisons géopolitiques. Et pourtant, une bonne partie de la presse française, qui suit obstinément des directives probables, affuble ces trois présidents de la dénomination de « chefs de la junte militaire au pouvoir ». Quel crime auraient donc commis ces trois présidents pour mériter un tel sort médiatique ?  

En symbiose avec leurs peuples respectifs, ces trois héros nationaux, dont la popularité au sein de l’AES fait rêver plus d’un chef d’État en Afrique et ailleurs, ont décidé de résilier formellement et dans la réalité géopolitique et économique, les accords coloniaux secrets signés avec le colonisateur français, comme condition d’accès à l’indépendance, dans les années 1960. 

A qui profite ce « crime pour une vraie indépendance » orchestrée par les trois « chefs de la junte de l’AES » qui ont courageusement rompu ces « accords de dépendance à vie » ? Au peuple du Sahel qui brise radicalement ses dernières chaînes et ouvre ainsi unilatéralement et de manière irréversible une nouvelle page de son histoire, celle d’une vraie souveraineté politique, économique et linguistique. Chapeau, messieurs les chefs de la junte militaire à la tête de l’AES ! 

Depuis un an, sous l’impulsion de la présidence tournante assurée par le président Assimi Goïta, l’AES pose, jour après jour, en toute souveraineté et en toute sérénité, malgré le bruit des bottes ennemies à l’extérieur comme à l’intérieur de ses frontières, les pierres précieuses d’une intégration confédérale et fédérale sur le plan diplomatique, militaire et socio-économique. Dernières pierres en date posées : l’établissement du passeport international AES, l’officialisation de l’hymne confédéral (Sahel Benkan) et la création de la banque confédérale d’investissement et de développement. La sortie du franc CFA, ultime étape pour en finir avec un cordon ombilical oppressant, n’est sans doute plus loin, d’autant plus que l’ex-colonisateur et certains de ses alliés africains cherchent actuellement à précipiter cette sortie de l’AES de l’UEMOA (Union Économique et Monétaire Ouest Africaine). Ils ont l’espoir de créer ainsi une crise monétaire et économique immédiate, censée étouffer l’embryon AES dans sa jeune coquille. Cet acharnement montre bien que le Burkina Faso, le Mali et le Niger, considérés comme faisant partie des pays plus pauvres du monde, sont plutôt trois poules aux œufs d’or ou trois vaches à lait dont les héritiers politiques de la France des années 1950 sont aujourd’hui privés. 

La démocratie, qui ne saurait être une fin en soi, est plutôt censée être un mode de gouvernance au service de l’épanouissement des peuples. Mais si en Afrique, ce système démocratique hérité contribue davantage à maintenir les peuples dans un assujettissement déshumanisant alors que des pouvoirs d’exception, de nature révolutionnaire, s’avèrent en mesure d’accomplir la tâche initiale de la démocratie, comme c’est le cas avec l’AES, comment ne pas adhérer à ce programme politique et socioéconomique sahélien ! En décembre 2025 aura lieu à Bamako (Mali) le 2ème sommet des chefs d’État de l’AES. Nul doute que nous assisterons à une nouvelle étape dans le devenir de la Confédération. 

Les Français et les Françaises devraient se réveiller et garder les yeux ouverts sur la géopolitique en Afrique subsaharienne. Plutôt que de vouer une confiance absolue à leurs dirigeants, aussi démocrates soient-ils, ils devraient oser leur dire d’arrêter de les infantiliser en leur disant ce qu’ils doivent penser ou croire à propos de l’AES, ils devraient leur clamer : Pas en notre nom, tout ce que vous faites dans l’ombre pour déstabiliser des chefs d’États africains, fussent-ils militaires, qui œuvrent indiscutablement pour le bonheur de leurs peuples sahéliens.

Ce texte a pour but de rapprocher les peuples sahéliens et français pour en finir définitivement avec des trafics géopolitiques inhumains. Unis, les peuples peuvent ensemble déplacer des montagnes. 

Ce texte n’engage que son auteur qui livre ici une analyse strictement personnelle. 

Kogh Pascal Somé 

Sitographie pour en savoir plus sur l’AES

  1. Plus jamais la CEDEAO. Non c’est fini (30 janvier 2024, entretien avec le Président du Faso par Alain Foka) : https://www.youtube.com/watch?v=9o_1NtPDSY8 
  2. Ce que le Capitaine Ibrahim Traoré a dit le 17 février 2024 : https://www.youtube.com/watch?v=IJVp8-_s7R4 
  3. Entretien exclusif président du Niger Abdourahamane Tiani sur la situation actuelle dans le Sahel (12 février 2024) : https://www.youtube.com/watch?v=as5N7yIIido
  4.  Discours du président du Faso au 1er sommet des chefs d’État de l’AES (6 juillet 2024) : https://www.youtube.com/watch?v=rDbM43grR7w
  5. Discours du président de la République du Mali au 1er sommet des chefs d’État de l’AES (6 juillet 2024) : https://www.youtube.com/watch?v=6RqMI8XKBCc
  6. Discours du président de la République du Niger au 1er sommet des chefs d’État de l’AES (6 juillet 2024) : https://www.youtube.com/watch?v=yUIplq3AjfU
  7. Le président du Faso décline sa vision pour les 5 prochaines années (11 juillet 2024) : https://www.youtube.com/watch?v=RsGmw8ASFEI&t=62s
  8. Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, sans langue de bois en Europe (27 juin 2024, Forum de Crans Montana, panel sur l’AES) :
  1. Rama Yade : Ancienne Ministre de SARKOZI La France en Afrique : partir, rester ou tout changer ? (5 Février 2024) : https://www.youtube.com/watch?v=mLun6nu_Jkc

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