Amadou et Mariam  

Un couple dans la vie et sur scène  

La plupart des gens les connaissent sous le surnom  « le couple aveugle du Mali », mais Amadou et Mariam refusent de se définir par le fait qu’ils ne voient pas. Comme le dit le journaliste Vincent Belotti, Amadou et Mariam nous rappellent « que le handicap n’est pas une limite, mais une autre façon de lire le monde ». Des tournées mondiales, dix albums, des Victoires de la Musique et une performance pour le prix Nobel. Leur impact va au-delà de leur capacité à surmonter leur situation de handicap. 

Une jeunesse remplie de musique : Amadou et Mariam ne laissent jamais les mesures d’adaptation d’aveuglement les empêcher d’atteindre leurs buts. Mariam Doumbia naît le 15 avril 1958 à Bamako au Mali. Elle perd la vue à l’âge de cinq ans à cause d’une rougeole mal soignée. Elle est une des premières élèves à intégrer l’Institut des jeunes aveugles de Bamako. Amadou Bagayoko naît également à Bamako le 25 octobre 1954 ; dès l’âge de deux ans il joue des percussions. Il continue avec l’harmonica et la flûte mais l’instrument qui l’attire le plus, c’est la guitare. Après avoir perdu la vue à la suite d’une cataracte congénitale, il entre à l’Institut des jeunes aveugles à Bamako où il rencontre la partenaire de sa vie.  

La rencontre et le chemin vers la gloire : Les deux partagent depuis leur enfance une passion et une forte disposition pour la musique.  Dès l’âge de six ans Mariam chante à des mariages et, à partir de seize ans Amadou intègre des institutions de formations musicales. Quatre ans après leur rencontre en 1976 ils se marient et commencent leur carrière en duo. Ils ont trois enfants entre 1979 et 1982 et mènent simultanément leur vie sur scène et un foyer en famille. Quelques cassettes sortent pendant que la famille habite en Côte d’Ivoire et leur premier album sort en 1998 intitulé « Sou ni tilé ». 

 La carrière décolle : Amadou et Mariam fusionnent la musique traditionnelle malienne avec le blues et le rock. Leurs innovations pionnières créent un pont qui lie les voix du monde avec leur ville natale, Bamako. En 2004, Manu Chao a un coup de foudre pour leur musique. Les trois commencent une collaboration qui dure jusqu’à aujourd’hui. Avec Chao, ils sortent « Dimanche à Bamako » qui passe à plus de 500,000 exemplaires dans le monde et gagne la Victoire de la musique en 2005 de l’« album reggae, ragga, world » de l’année.  La chanson titre parle du jour de mariage, qui au Mali est traditionnellement le dimanche. Cet album fait décoller la carrière du duo. Entre les années 2005 et 2015 Amadou et Mariam jouent dans de nombreux festivals notamment : Coachella en 2006 et Lollapalooza en 2008 et 2012. En 2009 à Oslo, le duo malien joue pour le concert du prix Nobel de la paix quand Barack Obama en est le lauréat. Cela reflète leur esprit bénévole qui résonne dans leur travail hors de la musique.  

Le progrès mondial : À la fois engagés et passionnés, Amadou et Mariam ont une vision qui brave les préjugés en transmettant les messages d’amour et de solidarité. Leur musique reflète la beauté des possibilités et des subtilités du continent africain. Ils donnent de l’espoir avec leur engagement politique et leur participation dans des associations bénévoles, tels que le Programme alimentaire mondial pour lequel ils sont ambassadeurs. Le duo met en avant les initiatives sociales et culturelles avec leur propre association Œuvre Malienne pour l’Humanitaire et la Culture, qui, parmi ses projets, améliore l’accès à l’eau, soutient les centres de santé et organise des compétitions pour découvrir des talents et pour promouvoir la culture malienne. 

Le concert final : C’est la clôture des jeux paralympiques. Sept mois plus tard, Mariam, en larmes, annoncera dans une vidéo au monde que son partenaire de vie et de scène est décédé des suites d’une maladie. Mais ce soir ils sont l’acte final pour ce moment historique à Paris. Le duo chantent « Je suis venu te dire que je m’en vais » de Serge Gainsbourg, et la flamme olympique s’éteint. Ce duo qui a tant surpassé les contraintes que la vie leur a imposées chante et bénit les incroyables athlètes des Jeux paralympiques qui partagent des histoires parallèles avec Amadou et Mariam. Quel bel adieu au monde pour conclure un magnifique chapitre dans l’histoire de la musique africaine. Comme leur album le plus récent «  La Vie est Belle », ces ambassadeurs de la musique malienne surmontent tout pour améliorer la vie et la musique de ce monde. 

Citation:  

Belotti, Vincent. “Amadou et Mariam, le couple ‘clairvoyant’ d’Afrique.” RCF, 14 avril 2025, www.rcf.fr/articles/ecologie-et-solidarite/amadou-et-mariam-le-couple-clairvoyant-dafrique. 

“Ceci est mon travail personnel. Je n’ai donné ni reçu d’aide nonautorisée.” NHI

Nathalie Ingersoll

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