Messali Hadj : le père du nationalisme algérien

Le père du nationalisme algérien.

Avec son air de pope orthodoxe et son inséparable fez rouge, on croirait a un oriental, sorti tout droit des Lettres persanes, de Montesquieu. Sous cet accoutrement pour le moins exotique, se cache le père fondateur du nationalisme maghrébin. Un destin politique, intellectuel et humain digne des grandes figures emblématiques du XXème siècle. Né à Tlemcen (une ville héritière des traditions andalouses), en 1896 d’une famille descendant des Janissaires turcs, Messali Hadj fréquente l’école française dès son jeune âge. Il y trouvera comme le soutenait son père les arguments pour s’opposer à l’injustice du système colonial. En 1917, il part en France (encore marquée par les stigmates de la première guerre mondiale) pour y effectuer son service militaire à Bordeaux. Dans les années vingt, il est embauché en tant qu’ouvrier par les fameuses usines Renault de Billancourt, bastion de la lutte syndicale et haut lieu d’apprentissage des revendications des droits du travailleur. Il prend conscience alors de la notion indépendantiste et fonde avec quelques-uns, ce qui va être désigné par la première instance politique de l’histoire du Maghreb. L’Etoile Nord-Africaine est née et son secrétaire est Messali Hadj, mais, elle sera dissoute par le front Populaire au pouvoir à cette époque. Son courage politique lui permettra de rebondir en créant à le P.P.A, le Parti populaire Algérien, qui sera à son tour interdit en 1937. Dix ans plus tard, il revient sur la scène politique et crée le M.T.L.D (le Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques). La légende raconte que c’est son épouse Emilie Bousquant, (à l’aide d’une vieille Singer) qui la première eut l’idée de la couleur et des motifs du premier drapeau algérien (Vert et blanc, frappé d’un crossant et d’une étoile en rouge).Ce même drapeau qui sera exhibé lors de la première manifestation populaire en Algérie le 8 mai 1945, réprimée dans le sang. Neuf ans plus tard, le F.L.N (Front de Libération Nationale), inspiré par les luttes armées pour la décolonisation déclenche la guerre d’indépendance, à laquelle le M.N.A (Mouvement National Algérien), sera opposé. Une guerre dans la guerre oppose désormais les deux camps et sera emportée par le F.L.N. Partisan de la négociation politique, le mouvement de Messali Hadj sera mis en minorité et ce, jusqu’à l’indépendance de l’Algérie. Il s’ensuivit alors un vrai déni d’existence du grand leader de nationalisme algérien. Il demeurera en France après la libération jusqu’à sa mort en 1974. Entre temps, il aura demandé trois fois sa nationalité algérienne, sans que le pouvoir du président algérien de l’époque ne daigne la lui accorder. Il sera enterré presque dans la clandestinité dans sa ville natale et ne figurera dans aucun livre d’histoire du pays. Un demi-siècle plus tard, seul l’aéroport de sa ville natale porte son nom. Ultime hommage à celui qui fut le père de la nation.

Bachir Adjil

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