L’Estrie : entre montagne et rivières

Sherbrooke est la capitale de la région.

L’adage dit que nul n’est prophète en son pays et je le confirme. Connor m’a demandé de pondre quelques articles sur les régions du Québec et je me trouve bien embêté parce que je ne les connais pas toutes. J’ai visité davantage les États-Unis que le Nord du Québec, la Gaspésie ou les Laurentides, pour ne nommer que ces régions. Alors autant commencer par ce que je connais le mieux, la région que j’habite depuis toujours : l’Estrie, autrefois appelée Cantons de l’Est, calque de l’anglais « Eastern Townships » régime anglais oblige… L’Estrie est donc un assez grand territoire situé au sud-est de la province de Québec. Elle partage d’ailleurs sa frontière sud avec deux états américains : le Maine et le Vermont. D’ailleurs j’ai tendance à croire –me faire croire en fait— que le Vermont fait partie de ma région puisque de chez moi, je peux y accéder en moins de quarante-cinq minutes de voiture. Les premiers habitants de l’Estrie sont d’anciens soldats britanniques à qui la couronne a donné des terres après la conquête de la Nouvelle-France de 1759. Lors de la Révolution américaine de 1779, plusieurs loyalistes des états du nord des USA sont venus s’installer près des frontières. Il faudra attendre la révolution industrielle pour que les francophones s’installent en Estrie, d’abord à Sherbrooke, la capitale actuelle de la région, pour travailler dans les usines de textile, ensuite dans les villes environnantes comme Magog, Coaticook (mot abénakis signifiant « là où la rivière est bordée de pins blancs). Il subsiste donc encore aujourd’hui dans la région estrienne des villages essentiellement anglophones protestants-anglicans devenus des destinations de choix pour des séjours champêtres. Le paysage estrien ressemble à celui du Vermont : des montagnes, des lacs, des rivières. Il y a encore une activité agricole assez vive, mais les industries lourdes –métallurgie, matériaux composites, etc.– ont côtoyé le textile jusque dans les années 1990. Fait intéressant, l’Université de Sherbrooke a été la première université francophone hors de la région de Montréal et de Québec à voir le jour en 1954. Depuis, Sherbrooke est un pôle universitaire majeur qui innove dans plusieurs domaine, dont la médecine et l’ingénierie. D’ailleurs, plusieurs jeunes Français viennent y faire leurs études.

Michel Gagné

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