Il s’appelait Thomas Sankara

Thomas Sankara a changé définitivement l'histoire du Burkina Faso.

Thomas Sankara est un jeune capitaine qui arrive au pouvoir en Haute-Volta (ancien nom du Burkina Faso) le 4 août 1983, 23 ans après l’indépendance officielle de son pays, pour instaurer une révolution bien connue aujourd’hui en Afrique. D’entrée de jeu, il développe une rhétorique efficace, originale et affiche une volonté d’indépendance socio-politique et économique réelle. C’est avec lui que la Haute-Volta devient le Burkina Faso (terre des hommes intègres) et les voltaïques des Burkinabè (hommes intègres).

Mais son programme politique n’est pas du goût de certains de ces pairs (notamment son ami et frère d’armes, le capitaine Blaise Compaoré), ni de l’ex-colonisateur, la France. « Je ne pense pas que Blaise (Compaoré) veuille attenter à ma vie. Le seul danger, c’est que si lui-même se refuse à agir, l’impérialisme lui offrira le pouvoir sur un plateau d’argent en organisant mon assassinat (…) Mais je mourrai tranquille car plus jamais, après ce que nous avons réussi à inscrire dans la conscience de nos compatriotes, on ne pourra diriger notre peuple comme jadis » disait Thomas Sankara en septembre 1987 (Valère Somé, Thomas Sankara : L’espoir assassiné, L’Harmattan, 1990).

Il ne croyait pas si bien dire puisque, quelques semaines plus tard, le 15 Octobre 1987, il est violemment assassiné, selon toute vraisemblance sur ordre de Blaise Compaoré, n°2 de la Révolution. Ce dernier instaure une gouvernance à contre-courant de celle de Thomas Sankara (soumission au réseau de la France-Afrique, instauration de la corruption comme mode de gouvernance, paupérisation du petit peuple…).

Au bout de 28 ans d’une dictature sous couvert de démocratie et qu’il voulait prolonger à vie, c’est une jeunesse burkinabè, mue par le souffle politique de Tom Sank, descendue en masse dans les rues de Ouagadougou (capitale), qui l’oblige à prendre la clef des champs le vendredi 31 Octobre 2015, permettant ainsi aux « pays des hommes intègres » d’entrevoir de nouveaux horizons.

Kogh Pascal Somé

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