À l’occasion du Big Bash qui marque la mi-session, les écoles de langue suspendent l’engagement d’honneur afin d’offrir aux étudiant.e.s une pause linguistique. Mais que pensent ces derniers de cette idée ?
C’est un retentissant « NON ! » général qui s’élève de la table aussitôt que je leur demande s’il leur semble nécessaire de supprimer le Big Bash. « Pourquoi ? » continue Edie, que l’idée semble alarmer. « C’est l’occasion de parler avec des gens à qui on ne peut parler, ni avant ni après. » Maggie, du niveau 2.5, a un adjectif très précis pour qualifier le Big Bash de samedi : « Parfait », dit-elle. « La musique était très bien pour ça. J’ai pas besoin de parler anglais, mais j’ai BESOIN de chanter en anglais, » renchérit-elle. Et Céleste d’ajouter : « J’ai discuté avec des gens de l’École d’hébreu. Il y a ce garçon que je croise tous les matins et je lui dis bonjour de la main. C’était l’occasion de lui parler vraiment. » Selon Ana, « on est à Middlebury avant d’être à l’École de français ». Leur intérêt pour les étudiant.e.s d’autres écoles semble réel, alors je leur demande si elles souhaiteraient plus d’évènements inter-écoles. Leur réponse est un « oui » unanime. « Un, peut-être deux. Pourquoi pas au début et à la fin de la session ? » me proposent-elles.
Réchauffement climatique
Mais la table à laquelle elle est assise a un autre adjectif pour qualifier le Bash : « chaud ». Et il serait malhonnête d’écrire tout un article sans mentionner la chaleur étouffante qui a pesé sur la piste de danse. Emma confirme : « J’avais tout le temps envie d’être dehors, mais on ne pouvait pas y emmener de boisson. »
Ioana et Anna, étudiantes en Master, ont « beaucoup aimé » parler en anglais. « C’est génial d’entendre des amis parler anglais ».« Et puis, ajoute Edie, c’est un moment où le stress monte, une pause est la bienvenue». Claudia a quand même continué de parler en français pendant le Bash, mais pas parce que l’idée de repasser à sa langue maternelle lui déplaisait : « C’est devenu normal, et ça fait bizarre de parler anglais, » confie-t-elle.
Quant à Emma, elle avoue «C’était devenu difficile de respecter strictement l’engagement d’honneur. » Taron est d’accord avec elle, « cette fête a été comme un deuxième commencement, surtout avec la deuxième cérémonie d’engagement d’honneur. Maintenant, c’est beaucoup plus facile de faire attention. » La portée symbolique de ce deuxième engagement n’a échappé ni à l’une ni à l’autre. Et s’agissant de symbole, Claudia a même passé un Big Bash sous le signe de la revanche : « J’ai aidé mon prof de phonétique à prononcer l’anglais, » jubile-t-elle à une table hilare.
Alex Crémieu-Alcan
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