Bienvenue à l’École de français

Jamais deux sans trois : un troisième été pas comme les autres…

J’ai toujours appelé mon premier été en tant que directrice de l’École de français un baptême du feu puisque j’ai dû en reprendre la direction au pied levé, moins de deux mois avant qu’il ne débute, sans aucune préparation ni idée sur ce qui m’attendait. L’été 2019 a été toutefois une réussite même si, finalement, il s’est avéré épuisant physiquement et mentalement. Il m’a fallu un bon mois pour récupérer mais, heureusement, je partais en sabbatique à Barcelone où j’ai pu recharger mes batteries, mener ma recherche à bien à la fois à Tanger (grâce à la bourse de recherche que j’avais obtenue) et sur place, écrire, apprendre le catalan, savourer la vie ibérique, ainsi qu’affirmer mes racines profondément méditerranéennes tout en passant du temps, le plus souvent possible, à Perpignan, avec mes parents âgés alors de 86 et 85 ans.

Le deuxième été 2020 était quasiment prêt quand, à la mi-mars, Sheila et moi avons dû réinventer la roue et réorganiser la session entière : nous sommes passé.e.s du présentiel au distanciel. J’en profite pour remercier du fond du coeur les personnes qui y ont participé. La plupart d’entre elles et eux, tout comme moi d’ailleurs, enseignaient 15 heures par semaine, assuraient leurs trois heures de bureau hebdomadaires, animaient des activités, assistaient aux concerts et conférences, etc. Tout cela, enchaîné.e.s à leur ordinateur. Ma salle à manger était devenue mon bureau. Levée à 5h du matin, je me couchais souvent à minuit. Malgré mon énergie impérissable connue des étudiant.e.s et collègues de Midd à l’année, le rythme était difficile à soutenir, je l’avoue. (Cette fois, il m’a fallu deux mois pour récupérer.) Nous étions tou.te.s devenu.e.s des êtres troncs, immobiles, dont parfois nous apercevions un proche ou l’animal familier avec grande joie car cela rompait la monotonie d’être enfermé.e.s dans de petits cadres sur Zoom des heures durant. Inutile de vous en dire plus long car vous connaissez la malheureuse chanson liée à la pandémie qui sévit dans le monde entier depuis 2020. 

Voici maintenant le troisième été ! Il était évident que nous ferions tout pour qu’il se passe en présentiel mais, d’une certaine façon, cette session 2021 s’est révélée encore plus difficile à gérer et à organiser que celle de 2020 car le règlement ne cessait de changer et des facteurs inconnus ne cessaient de s’y greffer, de nous surprendre, de nous dérouter et il fallait donc tout revoir, recommencer, repenser… Par ailleurs, les changements n’ont pas encore cessé à ce jour. Cependant, ne prenez surtout pas ce texte comme une complainte ; au contraire, prenez-le comme une célébration ! En effet, nous avons tou.te.s survécu, nous nous sommes adapté.e.s et la vie continue. 

Cet été 2021 sera fantastique : l’idée de vous retrouver, de partager repas, discussions, rires et davantage avec vous m’enchante ! Nous allons vivre un été pas comme les autres mais, ensemble, nous en ferons à nouveau un grand succès comme en 2019 et en 2020 car, oui, malgré toutes les contraintes, 2020 a été une grande réussite. Profitez donc de tout ce que Middlebury vous offre et (re)découvrez toutes ces activités que nous chérissons. Savourons ensemble la joie de nous retrouver réuni.e.s dans la salle de cours, au restaurant universitaire, sur une chaise Adirondack à l’ombre d’un arbre, à un concert, au théâtre ou à une conférence, et j’en oublie. Je sais déjà que le quatrième été 2022 sera entièrement différent mais je crois être plutôt bien armée maintenant, non ? Je compte bien sûr sur votre soutien et votre humour pour m’épauler et m’aider à mener la barque, encore une fois, envers et contre tout si besoin est. 

Armelle Crouzières-Ingenthron