ÉDITO : Et si je n’avais pas si peur d’être imparfaite ?
Mon apprentissage du français est assez éloignée de ce que je faisais il y a dix ans en tant qu’étudiante en musique classique ; à cette époque, on donnait la priorité à la performance sans imperfection. Et maintenant, après avoir signé le serment de ne parler que le français, ce qu’il faut respecter malgré l’appréhension, je me suis mise à penser à mes études musicales, dans lesquelles ma crainte d’être rien de moins que parfaite m’a tellement paralysée que je me suis effectivement arrêtée de jouer.
J’avoue, ce doute en moi continue à se manifester dans plusieurs aspects de ma vie, l’étude du français n’étant pas une exception. Mon trac sempiternel, qui était en fin de compte un frein pour ma carrière musicale, va pour le mieux ici à Middlebury, où même les conversations les plus bénignes offrent l’occasion de faire des erreurs, qui sont, selon mon autocritique, équivalentes à un échec.
Pourtant, ce que je n’avais malheureusement jamais réussi à intérioriser quand j’étudiais la musique, c’est que le développement, qu’il soit personnel, qu’il soit professionnel, ou encore artistique ou académique, exige la faute, l’imperfection, l’échec. Ce qui est enfin évident pour moi, et ce qu’il faut que je garde en ménoire pendant mes six semaines ici, c’est qu’en échouant, on apprend.
Sydney Schoenfield
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