Édito de la semaine : Alex

Alex fut à une époque une grande figure de la scène.

Lorsqu’on me demande comment j’ai appris la langue de Shakespeare, je commence toujours mon récit par la même phrase : “Je ne suis jamais aussi heureux que quand je parle anglais.”

J’ai commencé à étudier cette langue quand j’avais 10 ans, et je n’ai jamais arrêté depuis. Tout ce que je fais, si je peux, je le fais en anglais. Encore aujourd’hui, cette langue garde dans mon esprit un mystère qui ajoute à mes mots une dimension que je ne saisis pas toujours. C’est pour cela, je crois, que nous parlons d’autres langues : pour le mystère.

Car parler la langue d’un autre, ce n’est pas simplement un exercice de traduction, c’est une salutation, c’est aller vers l’Autre, aller au devant de l’étranger, de l’inconnu. C’est une démarche qui traduit avant tout l’impérieuse nécessité humaine d’aller au-delà de l’évidence et de la facilité. Apprendre une langue c’est plonger en eaux profondes sans savoir quelles créatures colorées s’y trouvent…

Alors j’espère qu’un jour vous voudrez dire que vous n’êtes jamais aussi heureux que lorsque vous parlez français.

Alex Crémieu-Alcan

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