“Il n’y a pas de vérité, que des contrastes”

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L’édito de la semaine

Quand j’étais au lycée, quand Facebook avait tout juste 3 ans, que ni Twitter ni Instagram n’existaient encore, un professeur de français me dit ceci : « Personne ne peut vous dire que ce que vous ressentez en lisant un livre est faux. Votre réaction à une lecture est toujours vraie. Ce qui est tout aussi vrai, c’est que vous avez pu mal comprendre ce que vous avez lu, et qu’au lieu de rire, vous ayez pleuré, ou qu’au lieu d’avoir pleuré, vous ayez eu peur. C’est pour cela qu’il faut comprendre le contexte d’une œuvre ou de son auteur : pour se faire une meilleure idée de ce qu’il veut susciter chez vous comme émotion. » 

Les années suivantes virent la montée en puissance des réseaux sociaux, et ce qu’on appelle l’« horizontalisation de la parole ». Les smartphones, l’accès sans-fil à Internet, permettaient à n’importe qui de tenir un discours sur n’importe quoi, instantanément. Et d’être jugé pour ces propos tout aussi vite. 

Apprendre une nouvelle langue, c’est découvrir de nouvelles histoires et contextes. C’est lire de nouveaux livres, écrits dans de nouveaux contextes. C’est l’occasion de réaliser que nos valeurs sont relatives et nos fiertés, parfois mal placées. 

Il n’y a pas de vérité, seulement des contrastes. Les humains, comme les livres, dépendent de leur contexte. Efforçons-nous d’aller à leur rencontre et de comprendre. N’est-ce pas pour cela que nous sommes tous.te.s ici ? 

Alex Crémieu-Alcan

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