Pourquoi apprendre le français ?

Claudia Schatz, étudiante en première année de Master, a mené l’enquête pour savoir pourquoi les étudiant.e.s apprennent le français.

Pourquoi le français?

Nous sommes tout.e.s venu.e.s à l’École de français avec un objectif qui nous unifie: approfondir et agrandir (améliorer) nos compétences en français. Mais (les raisons qui nous poussent à étudier) nos raisons d’étudier ici sont aussi variés et diverses que nous. La question qui revient dans toutes les conversations, après « Comment tu t’appelles ? » et « T’es d’où? », est celle-ci: « Et pourquoi tu étudies le français? »

Puisque vous ne pouvez pas poser cette question à chaque personne de l’École de français, voici les motivations et les histoires de quelques-un.e.s de vos voisin.e.s ici à Middlebury:

Sopahn Kellogg, 22 ans, niveau 1, étudiante

J’étudie le français parce que je voyage en France et je vais habiter avec une famille à Reims—pour l’amusement et éviter de travailler !

Jessica Dannery, 19 ans, niveau 1, étudiante

Ma mère est québécoise, et je veux parler avec ma famille en français.

Philip Batler, 21 ans, niveau 2, étudiant

Il y a un an et demi, j’ai commencé avec le français parce que j’aime beaucoup la mode, et j’ai parlé avec une femme qui a étudié dans la même université que moi et elle a bien réussi dans la mode. Elle m’a dit, « Si tu veux travailler dans la mode, tu as besoin d’apprendre le français ou l’italien. » Et c’est là que j’ai commencé. Mais l’été dernier, j’ai fait un stage dans la mode, et j’ai réalisé que j’aimais la mode comme un « hobby » mais pas comme un travail. J’ai toujours aimé l’histoire de l’art, puis j’ai réalisé que la mode n’était pas pour moi et que je voulais travailler dans l’histoire de l’art. Comme j’avais déjà commencé à apprendre le français, j’ai décidé de continuer. Eventuellement, je voudrais obtenir un doctorat en art, et beaucoup de programmes ont pour règle que tu as besoin d’apprendre deux langues autre que l’anglais.

Michael Go, 27 ans, niveau 2.5, musicien

J’habite à Montréal maintenant mais je suis américain, et j’ai déménagé à Montréal en 2012 pour mes études de musique à l’université de McGill. Je suis ici parce que je dois réussir un examen de français du Québec pour mon application de résidence permanente au Québec.

Spencer Gross, 66 ans, niveau 2.5, psychologue

J’apprends le français parce que :

1. C’est un bon challenge pour moi.

2. Ma fille travaille dans des pays où on parle français, des pays d’Afrique.

3. Ma femme est d’une famille française célèbre mais son père ne lui a pas permis d’apprendre le français. C’était très gênant pour ma femme, parce que les gens supposent qu’elle parle français quand ils entendent son nom. Donc, maintenant nous apprenons le français ensemble. 

Rebecca Beckham, 29 ans, niveau 2.5, étudiante

Je suis ici—c’est simple—pour améliorer mon français. Mais je voudrais bien retourner travailler en Afrique de l’Ouest, parce que j’ai déjà fait un peu de travail là-bas. J’étais volontaire du Corps de la paix et j’ai aussi travaillé avec les autres ONG là-bas. J’ai appris le français là-bas, mais c’était vraiment la base, donc maintenant je voudrais apprendre plus de vocabulaire, la grammaire et les choses comme ça. Et aussi pour faire connaissance avec les autres gens francophones ici ! 

Dani Ezor, 28 ans, niveau 2.5, étudiante

Je suis étudiante en doctorat en histoire de l’art et ma spécialité est l’histoire du XVIIIème siècle en France et les arts décoratifs. J’ai besoin d’aller dans les pays francophones, comme la France, mais aussi la Guadeloupe et les Caraïbes pour faire de la recherche. C’est très important pour ma thèse, d’aller dans les pays francophones ou de lire les inventaires du XVIIIème siècle. C’est très difficile de lire les textes et les traités du XVIIIème siècle ! Les autres spécialistes de ce sujet sont mes collègues. De plus, la personne qui travaille dans le même domaine que ma moi, l’art et la race dans le XVIIIème siècle, elle est française !

Coco/Collin, 3 ans, niveau magnifique, chien et le bien-aimé de l’École de français

Je veux aller à Paris et être un petit animal de compagnie dans la ville la plus belle dans le monde. C’est ce qu’il y a de mieux pour les chiens.

Kalysta Fern, 23 ans, niveau 3, étudiante

Je suis allée en France une fois pour un programme d’échange à l’étranger, et je trouvais la France très sympa, et j’aimerais vraiment y vivre un jour.

Anonyme, 20 ans, niveau 3, étudiante

J’ai beaucoup de raisons d’étudier le français. D’abord parce que je veux aller à Paris. Aussi, mes parents parlent français et pour eux, c’est une langue secrète et je veux comprendre les conversations qu’ils ont. De plus, Beyoncé aime la langue française et c’est obligatoire, pour devenir « babysitter » des enfants de Beyoncé, de parler la langue française… je pense que ce n’est pas une obligation, mais un bon point sur le CV !

Amy Lee, 19 ans, niveau 3, étudiante

Je viens de commencer le français et je veux apprendre au plus vite parce que la grammaire et les choses comme ça de la langue sont très ennuyeuses, donc je veux finir très vite cet été. Et je veux aussi lire la littérature française parce que j’étudierai peut être l’histoire de l’art.

Ryan Brown, 30 ans, niveau 4, journaliste

Je suis correspondante pour une publication américaine qui s’appelle Christian Science Monitor, et je suis correspondante pour l’Afrique, mais malheureusement, je ne parle pas très bien le français donc c’est difficile pour moi de travailler dans les pays francophones. Donc je voudrais travailler et faire des reportages dans les pays d’Afrique francophones.

Jim Tomlinson, 52, niveau 4, musicien

Je suis musicien et je fais des tournées autour de monde. Je suis souvent en France, et je travaille aussi, parfois, avec des musiciens français, c’est pour ça que je parle français. Ça fait plus ou moins 35 ans que j’étudie la langue, depuis le lycée. Je parle aussi portugais. J’ai suivi les cours de portugais ici trois fois. Mais pour moi c’était juste pour le plaisir de faire quelque chose hors de ma vie normale, et aussi pour garder l’habitude de l’apprentissage de quelque chose de nouveau. C’est important de ne pas rester sans objectif dans la vie, se donner un défi, et ne pas toujours rester dans sa zone de confort.

Matiza Sacotingo, 20 ans, niveau 4, étudiante

Je veux étudier la langue française parce que j’adore la langue, et je pense que c’est une belle langue. J’en ai aussi besoin pour ma carrière : je veux travailler avec les Médecins sans frontières dans un pays francophone, comme la France ou dans des pays francophones en Afrique. Comme je parle aussi le portugais, je veux vraiment être utile où je vais, et aller dans les pays dont je parle les langues.

Paula Grieb, 31 an, niveau 4, professeur d’espagnol

J’ai deux raisons d’apprendre le français : la première raison est que je voulais me donner le défi d’apprendre une autre langue, parce qu’il y a longtemps que je n’avais pas eu l’opportunité de le faire. C’est un projet très intéressant pour moi et aussi une expérience de voir l’autre côté du miroir et redevenir un étudiant en langue. Je pense que ça m’aide dans mon aptitude d’enseignant parce que j’arrive à mieux comprendre. Et la deuxième raison est que j’aimerai enseigner aussi le français.

Bryan Davis, 27 ans, niveau 4, étudiant

Pour moi, Middlebury est un moyen d’améliorer mon niveau de français et de mieux parler français avec mes amis. Par le passé, j’avais cherché quelques sites web pour trouver quelques correspondants avec qui parler ou pratiquer mon français, car après les trois niveaux de français au lycée, je n’ai rien fait pour la langue : je ne voulais donc pas oublier les choses apprises. Je pense que ça fait peut-être cinq ou six ans que je parle avec beaucoup de correspondants en français, ou plutôt mes amis de France maintenant. Pour moi, c’était un peu difficile pratiquer le français juste avec un livre de grammaire, ce n’est pas mon truc du tout. J’ai appris le français pour parler avec quelqu’un, donc c’est plus facile si je pratique le français comme ça. Ce n’est pas pour mon travail ou mes études que je suis ici, c’est juste pour mes amis.

Brittney Gehrig, 32 ans, master, professeure de français

Quand j’étais au lycée, on avait le choix entre l’espagnol et le français, et moi, vu que tous mes amis ont choisi l’espagnol, je voulais être différente, donc j’ai commencé le français. Et puis j’ai laissé tomber, mais on avait des requis à l’université, et j’ai choisi de recommencer le français. Donc c’est un peu par nécessité d’avoir une langue étrangère, mais aussi parce que je l’aimais déjà.

Petite chose mignonne : quand j’étais au troisième « grade », j’ai écrit dans mon journal qu’un jour, je voudrais habiter en Europe pendant un an. Et je ne sais pas pourquoi, c’était mon rêve depuis que j’étais petite, j’adorais l’histoire de l’Europe déjà à un jeune âge. Alors je pensais qu’avec le français je pourrais faire ça.

Kaila Allison, 25 ans, master, professeur de français

J’adore la littérature française. C’est Victor Hugo qui m’a fait apprécier la spiritualité de l’étude de l’histoire et de l’humanité. C’est sa vue française dans laquelle j’encadre ma vision du monde. Le français je l’ai choisi par hasard, mais c’est cet auteur français avec sa lumière, qui guide à travers les ruelles de l’émotion humaine. J’aime aussi la routine, la structure et la rigueur de la méthode française. Je veux être comme un esclave à l’étude ; je sais qu’il y a beaucoup de gens qui en savent beaucoup plus que moi, et je suis reconnaissante d’être en leur présence.

Emily Turner, 23 ans, master, professeure de français et anglais

Première chose : je suis professeur de français en niveau un et j’aime beaucoup enseigner aux débutants mais je voudrais bien enseigner aux niveaux plus avancés pour utiliser d’avantage le français dans la vie quotidienne. Donc je dois améliorer mon français pour enseigner aux autres niveaux.

L’autre raison est que j’aime beaucoup les langues et je m’intéresse beaucoup aux liens entre les langues et l’écriture, comment elles s’influencent, comment la culture influence la langue et vice versa. Quand j’étudie une langue étrangère, je comprends mieux l’anglais et comment la culture anglophone ou américaine influence la langue. J’aime l’idée des langues vivantes qui changent toujours.

Eva Troje, 23 ans, master, étudiante

Je suis à Middlebury parce que je faisais l’école russe, et j’ai remarqué que je faisais de grands progrès. J’étais en train d’oublier mon français parce que je ne l’utilise pas dans la vie quotidienne. En plus, mon copain parle français, il a sa famille française, et j’aime la poésie française. Je ne voulais pas oublier. Et aussi pour me faire plaisir ! Normalement je fais du russe et j’adore le russe et tout ça, mais c’est bien de changer et de faire quelque chose d’autre.

Andrea Nguyen, 28 ans, master, hôtesse de l’air

Je veux être capable d’entrer dans un magasin en France et parler avec le vendeur sans problème. C’est très simple, mais c’est fondamental. 

Quand j’étais au lycée, mon professeur nous a dit que quand elle était en France, elle écoutait la radio, et un jour elle a tout compris. Et ce jour-là, elle avait ce grand sentiment d’accomplissement. Quand je vivrai ce moment, je vais me dire : « Wow, j’y suis finalement arrivée. »

Sarah Wainshal, 25 ans, master, professeur de français et de théâtre

J’apprends le français pour le travail et pour le plaisir. Je pense que c’est nécessaire d’améliorer mon français pour être prof. Une grande partie du métier de professeur de français est de comprendre la culture des différents pays francophones, et ici c’est un environnement où on peut parler avec les gens de plusieurs pays et de plusieurs cultures.

Karlee Wasilewski, 22 ans, master, étudiante

Je n’ai jamais vécu dans une communauté comme Middlebury aux Etats-Unis où tout le monde parle français parce que c’est la langue qu’on adore. C’est juste incroyable et amusant de parler français. C’est super cool qu’on puisse faire des progrès en français aux Etats-Unis. Je suis ici pour pouvoir avoir une carrière où je parle français dans l’avenir.

Nicole Moran, 31 ans, master, professeur d’espagnol et maîtresse d’école primaire

Je ne sais pas vraiment ! J’aime bien les langues étrangères, et je ne sais pas si je voudrais faire le DML. Si je le fais, je le ferais en espagnol, parce que j’ai un master en espagnol, ou maintenant que j’ai un master en français, je peux le faire en français, et dans une autre langue aussi. C’est aussi que je voudrais enseigner le français, parce qu’au lycée et à l’université, plus tu peux enseigner de choses mieux c’est : ça te donne plus d’opportunités. J’aime la littérature française comme les contes de Guy de Maupassant ; j’aime la langue et la linguistique, c’est très intéressant. J’ai aussi étudié quatre ans au lycée, et j’ai assisté à deux ou trois cours à l’université, alors je ne veux pas oublier tout le français. C’est parce que je veux faire quelque chose d’autre, je veux avoir beaucoup d’opportunités.

Ioana Lobontiu, 23 ans, master, assistant d’anglais et étudiante de traduction et interprétation

J’ai commencé quand j’étais au collège donc ça fait maintenant dix ans. J’ai commencé juste comme ça, parce que j’avais envie d’apprendre une langue et j’ai choisi le français, parce que ça me paraissait plus facile vu que je parlais déjà le roumain. Après ça, je suis tombée amoureuse. C’est une belle langue.

En fait, en prenant des cours de français, j’ai appris que j’adorais le français et que j’adorais aussi d’autres langues, et donc au fur et à mesure que j’ai continué a apprendre, j’ai aussi ajouté l’allemand et l’espagnol. Et je me suis rendu compte que j’aimais toutes les langues, et surtout le français parce que c’était vraiment mon premier amour, disons, comme langue. J’adorais les chansons, la littérature, la poésie, tout ça. Je voudrais travailler dans la traduction et l’interprétation, et je veux le faire notamment en français.

Ouijdane Absi, 42 ans, doctorat de langues modernes, professeur d’arabe

J’ai étudié à Paris quand j’étais jeune, mais j’ai fait des études d’anglais. Alors pour moi c’est un peu un voyage de retour vers les origines. Au commencement j’étais à Paris, puis je suis venue aux Etats-Unis et je suis devenue citoyenne. Maintenant, je reviens à Paris parce que je n’en savais rien avant d’y venir, et j’étudiais la langue de Shakespeare. Alors pour faire le point : maintenant j’ai l’occasion de démystifier la langue une fois pour toute. Middlebury est le meilleur endroit pour le faire parce que les professeurs sont supers et les étudiants aussi.

Un reportage de Claudia Schatz

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