Le club Africaniste explore la construction des identités

Chaque mardi à 19H au CHT 110, le club Africaniste explore des questions complexes à travers des matériaux culturels Africains. Venez nous rejoindre, tout le monde y est le bienvenu !

Le 16 juillet, 18 membres ont discuté de l’éducation et du célèbre roman L’Aventure ambiguë (1961) du haut fonctionnaire sénégalais et lauréat du Grand prix littéraire d’Afrique noir Cheikh Hamidou Kane (n. 1928).Il raconte l’histoire de Samba Diallo, un jeune homme Diallobé qui sort de l’école coranique pour aller étudier dans une école coloniale française. Le roman interroge : est-ce que l’éducation française peut aider Samba Diallo et sa communauté à comprendre comment les français ont pu injustement coloniser le Sénégal ? 

Occasion pour une échange culturelle

La séance a commencé avec des réflexions sur nos propres expériences éducatives, des évènements importants dans l’histoire du Sénégal, et les vastes conséquences de l’éducation coloniale. Estelle Kouokam Magne, anthropologue et responsable du club, nous a rappelés que cette imposition engendrait une brisure entre les générations. Au début du XXème siècle, plusieurs parents ne savaient pas du tout ce que leurs enfants allaient apprendre aux écoles françaises, et c’était en effet devenu de plus en plus difficile pour les enfants d’acquérir des connaissances traditionnelles. 

Des années cinquante à nos jours

Les mouvements de décolonisation se répercutent sur le présent. Aujourd’hui, la plupart des jeunes sénégalais ont des professeurs sénégalais, et ils peuvent étudier formellement certaines des 38 langues indigènes parlées en Sénégal. Mais en même temps, les étudiants musulmans, qui représentent le 95 % des Sénégalais, n’ont pas le droit de sortir de certains examens pour prier. Et alors que des institutions comme l’UNESCO reconnaissent les traditions orales comme patrimoine de l’humanité, les nouvelles technologies qui enregistrent ces traditions ne retiennent pas les informations contextuelles. On peut, pour exemple, écouter une chanson sur Trace Africa sans comprendre qu’elle provient d’un contexte sacré.

Questions fondamentales 

Les membres continuent à réfléchir. Thomas Hinkel était frappé par l’idée que l’école peut être encore plus puissante que le canon. Sophie-Beatrice Nyiri pense aux différences entre son éducation et celle de sa grand-mère et veut savoir plus sur les expériences des jeunes femmes sénégalaises. Et Brittney Gehrig contemple encore la distinction entre l’idée de réussite communautaire qui est à la base de l’éducation traditionnelle africaine et l’idée de la réussite individuelle que l’éducation occidentale nous impose. Comment est-ce que nous pouvons repenser et reconstruire l’éducation pour qu’elle favorise les réussites collectives ?

Le Club Africaniste

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