Une scène qui reste assez vibrante, jeune, et dynamique, malgré le déclin global du genre face à l’expansion d’autres, grâce à son héritage culturel distinctif.
Le vendredi soir, la salle compacte, enfumée et faiblement éclairée est pleine de monde, se collant coude à coude, épaule contre épaule. Les gens dansent, bavardent autour d’un verre. La musique est assourdissante et cacophonique. Non, vous n’êtes pas à une rave ni dans une boîte techno, mais plutôt une boîte de jazz. Toujours très fréquentées, les boîtes de jazz restent un divertissement vibrant et bien aimé par autant des jeunes que des vieux Parisiens. Comment est-ce les Parisiens gardent une scène de jazz si vibrante et assez jeune jusqu’à aujourd’hui ? Alors, remontons un peu dans le temps.
La naissance et l’âge d’or du jazz en France
Le jazz naît aux États-Unis au début du XXe siècle mais s’introduit en France avec l’arrivée des soldats Afro-Américains pendant la Première Guerre Mondiale. On dit que le lieutenant James Reese Europe menait la fanfare de son 369ème régiment d’infanterie partout, traversant de petits villages de la campagne française, jouant cette musique étrange, vivante et au rythme complexe que les villageois n’avaient jamais entendue auparavant, exprimant une certaine joie de vivre dont tout le monde avait besoin au moment de la guerre. Ce nouveau genre connaît presque immédiatement du succès en France, notamment à Paris, le carrefour artistique et culturel de cette époque. Après la guerre, beaucoup de musiciens et d’artistes reviennent à Paris et s’installent dans le quartier de Montmartre, près des cabarets et des boîtes de nuit, pour y trouver du travail. La période de l’entre-deux-guerres devient l’âge d’or des artistes de jazz les plus célèbres tels que Joséphine Baker, Sidney Bechet et Arthur Briggs et l’introduction du jazz à Paris promeut sa popularité sur une échelle mondiale.
Le genre de résistance
À l’époque de la Seconde Guerre mondiale, pendant l’occupation de Paris par les Nazis, le jazz est interdit à jouer dans les boîtes, étant considéré une « musique dégénérée. » Pour éviter les autorités, les services et les spectacles musicaux reprennent dans des boîtes clandestines, rétablies dans les caves souterrains et insonorisés du le Quartier Latin et de Saint-Germain-des-Prés. Le jazz devient la musique de résistance et les artistes français continuent à le jouer d’un air de défi en dépit des risques.
L’évolution et la contribution du jazz dans la scène musicale parisienne
Après la guerre, la tradition de jazz persiste avec vigueur avec l’arrivée de nouvelles vagues de musiciennes. Le jazz ne connaît pas de déclin jusqu’à l’implantation du disco, du rock et de la pop, mais les boîtes de jazz les plus fréquentées n’ont jamais fermé leurs portes. De plus, Paris reste très connu pour ses nombreux festivals de jazz qui se déroulent chaque année. Aujourd’hui à Paris, des boîtes comme Le Caveau de la Huchette, Le Baiser Salé, et Le Duc des Lombards accueillent de divers fêtards et leur proposent d’écouter des sons classiques et aimés ou bien contemporains et expérimentaux, n’importe quelle nuit de la semaine. Elles continuent à séduire leur clientèle avec leurs espaces de spectacles apparemment improvisés, peu éclairés et intimes, conservant une atmosphère et un style rétro du XXème siècle et promouvant un symbole culturel important de la ville. Si vous vous trouvez jamais à Pairs je vous recommande d’aller découvrir La Gare Le Gore dans le 19ème ou bien Le Piano Vache dans le 5ème !
par Haleigh Kidd
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