Une bataille des esprits, chantée

Chantant leurs arguments, les trouvères Henri et Gillebert font un débat vivant sur une question d’amour.

Le débat commence

Une grande bataille entre deux personnages, une confrontation de deux esprits, une guerre de penseurs forts. Cahiers en main, les trouvères s’affrontent, et le public retient son souffle pour voir qui aura le dernier mot. 

Le débat commence avec une question, posée par Henri III de Brabant pendant que son ami joue de la vielle derrière lui, donnant le ton du débat : si un chevalier aime une dame si bien qu’il puisse avoir son plaisir avec elle toutes les nuits et tous les jours, leur amour saurait-il durer ? Accompagné d’un luth, Gillebert de Berneville soutient l’amour doublerait dans cette situation. Furieux vers la naïveté de Gillebert, Henri rétorque d’une voix forte et claire. Et voilà, c’en est fait : deux trouvères se battront l’un contre l’autre, chacun d’eux soutenu par leur jongleur, sans aucune chance de compromis. 

La tradition du jeu parti 

Henri et Gillebert participent à la grande tradition du jeu parti, un genre de chanson des trouvère, répandu au treizième siècle en France. On commence avec une question chantée, souvent au sujet de l’amour (et parfois plus…) ; ensuite, l’interlocuteur répond en utilisant la même structure grammaticale (notamment la rime et le mètre) et la même mélodie. Alors son opposant réplique avec des insultes aiguisées, en expliquant les raisons pour lesquelles il a tort. Les deux partis continueront de cette manière jusqu’à l’envoi, dernier appel aux juges pour défendre leurs causes. 

Chansons médiévales, interprétations modernes

L’animation de la lutte entre Henri III de Brabant et Gillebert de Berneville est le produit d’une imagination moderne, informée par la trace du Moyen Âge qui survit aujourd’hui. Les trouvères écrivaient des textes de leurs chansons et parfois les mélodies—sans rythme et sans instrumentation. Bien que l’on ne puisse avoir de certitudes sur l’interprétation, l’art des trouvères continuera longtemps de nous inspirer. 

Par Emily Korzeniewski 

Lire les paroles de ce jeu parti. 

Regarder une interprétation modern de « Biaus Gillebers, dites s’il vos agrée » 

par Graindelavoix. 

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