L’édito de la semaine

Lorsque l’on me proposa de venir enseigner à Middlebury il y a de cela fort longtemps –  Atwater n’était qu’une dense forêt, McCullough avait une piscine et l’ancienne bibliothèque, à laquelle fut rattaché le bâtiment d’Axinn bien plus tard, était encore un vieux bâtiment historique, et quelques dinosaures circulaient encore sur le campus 🙂 –, j’ignorais tout de ce petit coin du Vermont peuplé d’irréductibles Francophones. Je ne comptais rester qu’un été. Et pour­tant…

Lorsque je me retrouve chaque été en plein milieu du campus sans parapluie, ni imperméable, et qu’un de ces orages vermontois me transperce, je me dis que plus jamais, je ne reviendrai. Et pourtant…

Lorsque la semaine 4 arrive et que la charge de travail devient plus intense (eh oui, c’est le cas pour TOU.TE.S !), les moustiques plus virulents, la clim’ de la bibliothèque plus froide, les repas à Ross plus insipides, la fatigue aidant, je me dis que… Et pourtant…

Et pourtant, je n’imagine pas un seul instant pas­ser mon été autre part.  La raison en est fort simple : c’est grâce à ces discussions à bâtons rompus sur des sujets que nous n’aurions jamais abordés hors de la bulle middleburienne, c’est grâce à toutes ces rencontres, toutes ces amitiés, tous ces souvenirs.

Finalement, c’est grâce à vous tou.te.s, vous les étudiant.e.s qui faites des progrès incroyables. Même si, certains soirs, tel Géronte dans Les Fourberies de Scapin de Molière, Sganarelle dans Don Juan de Molière, vous vous demandez ce que, diable, vous êtes bien venu.e.s faire dans cette galère. Et pourtant…

Barbara Sicot

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