Je trouve l’inspiration partout sur ce beau campus, mais le château a toujours été pour moi un phare ici à Middlebury. Je m’y sens à l’aise, en paix. Il me rappelle l’importance et la grandeur de ce que je fais ici. Je suis tellement reconnaissante de cette école, alors c’est un peu ma façon de dire « merci ». Je trouve l’inspiration partout sur ce beau campus, mais le château a toujours été pour moi un phare ici à Middlebury. Je m’y sens à l’aise, en paix. Il me rappelle l’importance et la grandeur de ce que je fais ici. Je suis tellement reconnaissante de cette école, alors c’est un peu ma façon de dire « merci ».
Ô château, portail de mes rêves, de la francophonie unie. Que ça fait plaisir de m’asseoir à ton ombre et de respirer l’air frais que tu dégages. Je m’émerveille devant ta grande beauté, tes fenêtres carrées, tes briques rouillées, tes portes majestueuses qui s’ouvrent à moi. Et pourtant, j’hésite au seuil puisqu’il faut bien te contempler plus longtemps, t’imprégner au plus profond de mon esprit et du nerf optique afin de rendre ton image plus qu’éphémère. Afin de te rendre immortel dans mes souvenirs de cet endroit, pour que je puisse un jour te revoir nettement dans l’œil de mes pensées. Un jour, j’aurai quatre-vingts ans et j’aurai envie de regarder le fil de ma vie comme un spectacle qui n’aura que moi pour audience. Tu y seras dans toute ta grandeur. Je te verrai aussi clairement que lorsque je t’avais sous les yeux. Puisque j’ai pris le temps de te décrire, de t’enregistrer, de t’aimer. Vu que c’est écrit, l’image restera ancrée à jamais dans mon esprit. Tu es pour moi un miroir qui reflète mes désirs, les plus précieux de mon cœur. Puis-je être la princesse de ton histoire ? Celle qui a le droit de te fréquenter, d’entrer au sein de ton cœur pour me blottir dans tes chaises en daim, pour me rouler sur tes tapis persans, pour flâner dans tes couloirs, pour lire sur le rebord de tes fenêtres ?
Ô château, portail de la réalité parallèle que j’ai créé pour échapper aux épreuves de ce monde. Je te remercie pour cela. Comme j’adore effacer le monde, juste pour une petite heure, pour m’imaginer prenant des bains moussants, portant de belles robes en soies, dansant sous tes lustres élégants et m’endormant dans ta chaleur berçante. Nous pourrions faire une fête et inviter tout le monde. Je me vois bien, souriant aux invitées de partout dans la francophonie. Nous mangerions des délices du monde autour de tes tables en chêne laqué. Le mélange des voix parlant dans des dialectes différents composerait la symphonie la plus belle, la plus émouvante que je puisse imaginer. Tous.tes nos ami.es auraient envie de danser, ils chatouilleraient tes parquets et toi, tu rirais avec de petits grincements presque inaudible sous nos pieds surexcités.
Ô château, là, à l’heure où j’écris, le soleil couchant te peint en rose et en or, ce qui donne l’impression que tu luis. Dans tes lumières ma plume se baigne. Mes cheveux gigotent dans la brise qui va à ta rencontre, qui me pousse, moi aussi, à te rejoindre. Moi qui hésite toujours, qui veux continuer à te siroter comme je le ferais avec mon thé du petit matin. L’obscurité va bientôt arriver, nous engloutir, ne laissant que des flaques de lumières versées par les réverbères. Il faut que j’y aille, que je rentre dans le monde des études, des articles scientifiques, de la littérature et de la gestion du temps. Je ne peux plus me permettre de flotter dans ton sillage. J’ai raté l’occasion de franchir ton seuil ce soir, mais il y a toujours demain.
Sadie Crockett
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