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Une grand-mère imaginaire réfléchit…

Trois moments épouvantablement embarrassants qui refusent, hélas, de s’effacer de mon souvenir, même aujourd’hui en 2092.

La bêtise

Il y a soixante-dix ans, dans ma classe du jeudi 21 juillet 2022, à 9h35 du matin, j’ai dit une affreuse bêtise. Le point de grammaire que nous apprenions ce jour-là est aujourd’hui insaisissable et lointain dans ma mémoire. Quand même, la gêne de ce moment-là sera enterrée avec mon corps froid.

À Proctor

J’ai essayé de dire « Est-ce que je peux vous rejoindre ? » Je n’ai pas pu prononcer ce virelangue. Les personnes à la table ont commencé, gentiment, à se moquer de moi avec des blagues accueillantes comme « bah non, nous n’avons pas d’espace pour toi. » 

Mon français n’était pas encore suffisamment bon pour pouvoir subtilement gérer cette situation. Donc quelques secondes se sont écoulées, debout, à côté de la table, l’assiette à la main, les mots sur le bout de la langue, maladroite comme une girafe perdue. 

Des amis et des bonnes conversations, j’ai déjà oublié. Ce moment maladroit à Proctor ? Jamais !

La salle de bains

J’habitais dans mon « cher » bâtiment Allen, au rez-de-chaussée. Nous étions bénies avec une salle de bains avec de deux cabines. Un jour, quand je me suis assise là-bas, je me suis rendue compte qu’il y avait une personne dans l’autre cabine. J’avais besoin de, vous savez. Comme quelqu’un de respectueux, j’ai décidé d’attendre la sortie de l’autre.  

Plusieurs minutes ont passé, et enfin, j’ai compris qu’elle aussi avait le même besoin que moi. Puisqu’aucune ne pouvait trouver les mots français suffisamment appropriés pour sortir de cette situation non moins embarassante, c’est devenu un concours d’endurance. Je suis têtue comme une mule, mais apparemment, l’autre l’était aussi. C’était une impasse difficile. Après quelques heures, j’ai entendu les pages d’un livre. J’ai supposé qu’elle révisait sa grammaire. Parce que je n’avais rien pour m’amuser, je suis presque arrivée à lui poser quelque question sur le passé composé. Mais juste à temps, je me suis souvenue que nous étions en pleine guerre froide, alors j’ai conservé mon silence. 

Je ne me rappelle pas comment cet événement a fini, mais je me souviens encore de la gêne extrême. Même si le soulagement corporel est venu ce jour-là, le soulagement émotionnel ne viendra jamais. 

Revenons au présent

Aujourd’hui, en 2022, avec les frustrations quotidiennes d’apprentissage, je passe la plupart de mes journées embarrassée également de situations réelles (les souvenirs un et deux) et imaginaires mais quand même possibles (mon « souvenir » trois). Malgré ça, il est évident que, dans 70 ans, je ne m’en souviendrai pas. Quand je serai vieille, je ne me rappellerai que la richesse presque infinie des opportunités ici, les gens incroyablement chaleureux, et leur accueil les bras ouverts à la langue française.

Donc, oubliez les choses bêtes que vous avez dites dans votre cours hier. Oubliez toutes vos petites catastrophes sociales à cause de votre français limité. Nous sommes déjà la quatrième semaine, et oh-la-la, le temps passe vite ! Alors, accrochez-vous, et profitez d’être ici, parce qu’être à Middlebury est vraiment un truc de ouf. 

Anne Gross

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