Brassens, la légende

Quarante ans sans notre « copain d’abord », un centenaire de mauvaises réputations.

L’inoubliable souvenir de Georges Brassens s’éveille de son sommeil tranquille pour reconquérir la place qu’il occupe dans nos cœurs. Cette année, une curieuse coïncidence nous interpelle, nous, amateurs de chanson française : né un jour d’octobre 1921, mort un jour d’octobre 1981, l’interprète et compositeur sétois semble avoir fait exprès, avec ces dates impaires, d’offrir un clin d’œil amusé à la postérité. À nous d’essayer de lui rendre dignement hommage !

Une source de provocation pour les ennemis de la liberté

Héritier d’une riche tradition poétique, où la puissance de Villon se mélange à la finesse de Hugo, et à la force profane de Baudelaire, l’œuvre de Georges Brassens constitue un recueil de provocations pour les ennemis de la liberté. L’auteur des polémiques Brave Margot, Le gorille et L’orage conserve le titre indisputable de l’artiste le plus censuré de l’histoire de la chanson française. Ce qui ne fait que nourrir sa propre légende.

De longues années avant d’entendre les trompettes de la renommée

Or, la vie de Georges Brassens ne fut pas toujours rose. De longues années s’écoulèrent avant que l’aspirant poète malfamé ne fasse sonner les trompettes de la renommée. Son rejet systématique de l’autorité et sa crainte de soumettre sa vie à la volonté d’autrui, lui valurent promptement sa mauvaise réputation. Ce caractère bien trempé le condamna longtemps à un train de vie modeste, refusé des maisons d’éditions et renvoyé des cabarets parisiens : trop farouche, sauvage, enfin, trop original. 

Brassens finit par percer l’ombre de l’indifférence 

Mais, tout comme le lever du jour voit inévitablement le soleil s’imposer à l’obscurité de la nuit, la lumière de Brassens finit par percer l’ombre de l’indifférence et de l’oubli. Après une longue attente, le 24 octobre 1952, chez Patachou, il obtint les acclamations éblouies d’un public partagé entre fascination et scandale. Dès lors, sa carrière musicale connaît un succès vertigineux jamais démenti.

Plus que commémorer le départ de notre « copain d’abord », cette année, nous voudrions plutôt célébrer la naissance de cette mauvaise herbe qui pousse encore en liberté dans les jardins mal fréquentés de notre esprit.

Federico Ardila

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