Et Dieu créa Ella

Revenons, les enfants de l’âge électronique, dans la nuit des temps, pour découvrir une voix incomparable

À une époque où il n’existe encore ni la haute technologie, ni la musique numérique, où on ne peut même pas envisager Auto-Tune et ses réglages automatiques de la voix humaine, il y a une voix qui n’en a pas besoin car elle sait se régler elle même, d’une manière merveilleuse: celle d’une jeune femme nommée Ella Fitzgerald.

Bien avant La France a un Incroyable Talent et American Idol, une compétition va inaugurer des carrières brillantes et influentes:  Amateur Night at the Apollo.  La «nuit des amateurs» au célèbre Théâtre Apollo, dans le quartier de Harlem à New York, n’est pas télévisée — parce que la télévision vient d’être inventée, et n’est pas encore disponible au publique.

Le bon moment

Pourtant – peut-être par l’agencement du destin, ou l’ingénierie des dieux ? – ces deux éléments coïncident en 1934, et c’est le début d’une légende, d’une chanteuse qui sera surnommée «La première dame de la chanson», et qui fera des décennies d’enregistrements, avec parmi eux des versions magistrales des chansons écrites par les plus célèbres compositeurs américains, tels George Gershwin and Cole Porter. 

Tout cela, cependant, précède l’arrivée des vidéos musicales avec leurs images préfabriquées et identiques qui remplaceront l’imagination personnelle de l’auditrice ou l’auditeur.  C’est avant l’époque des médias sociaux, des photographies digitales soignées à la perfection, de la machinerie du marketing qui digère les différences artistiques pour régurgiter des produits sans distinctions.  

Une femme réelle, Une voix divine

Cette femme, pas jolie, mais belle, parce que réelle et individuelle, pourrait-elle arriver aujourd’hui au sommet de sa profession ? 

Et cette voix si subtile:  mélodieuse sans être sirupeuse; caressante, parfois sensuelle, mais jamais flagrante… pourrait-elle se faire entendre aujourd’hui, ou serait-elle noyée par la foule de voix exagérées, poussées, qui dominent la majorité de la musique populaire ?

Heureusement, sa réputation n’est plus à faire, et la voix de Ella restera divine et éternelle …  même en format numérique !

Gael Montgomery

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